LA TRIBUNE - Quels sont les effets sur l'économie de la hausse inédite des taux d'intérêt décidée depuis 2022 par les banques centrales ?
AXEL CHAMPEIL - La principale conséquence c'est que l'argent a, à nouveau, une valeur. Ces dernières années, avec des taux d'intérêt très bas, il fallait prendre des risques pour rémunérer son capital. Aujourd'hui, on arrive à rémunérer son capital sans trop prendre de risque donc il est demandé un supplément de rémunération pour la prise de risque. C'est pour cela que l'impact se fait de manière quasiment automatique sur la valorisation des levées de fonds des startups. Mais, en réalité, on assiste à un réajustement des indicateurs et c'est cela qui entraîne des turbulences. Plus globalement, avec ces hausses de taux, on s'attend à un ralentissement de l'économie sauf que ça fait des mois qu'on l'annonce et qu'il n'arrive pas parce que l'économie fait preuve de résilience, que le marché de l'emploi reste plutôt bon comme les marges et la croissance des entreprises. Mais on arrive probablement au bout de cette séquence puisque, rappelons-le, le ralentissement de l'économie est l'objectif principal de la hausse des taux afin de lutter contre l'inflation. Cela renchérit les investissements et évite donc une surchauffe de l'économie.
LAURENT BABIN - Et en même temps ce nouveau contexte n'est pas perçu de la même manière par tout le monde. Concrètement, il favorise ceux qui ont des fonds propres et de la trésorerie disponible parce qu'ils peuvent continuer à investir et financer de la croissance externe. À l'inverse, pour ceux qui ont besoin d'argent, ce sera bien plus onéreux et donc bien plus compliqué.