LA TRIBUNE - Vous avez été élue présidente de la French Tech Bordeaux au moment où la French Tech fête ses dix ans. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?
MATHILDE LE ROY - Le visage de la tech en France et à Bordeaux n'est plus du tout le même. Dix ans, c'est un peu l'âge de raison. Il y a beaucoup plus d'entreprises de toutes tailles et certaines scale-up ont atteint une taille critique sur leur marché. À la French Tech, notre mission évolue avec cette dynamique pour coller aux besoins exprimés par les entreprises. Aujourd'hui, il s'agit de les accompagner dans leur croissance, leur rayonnement, leur stratégie à l'international et leur accès à la commande publique et aux grands donneurs d'ordre via le programme "Je choisis la French Tech"
[qui vise à doubler le recours aux startups par les acheteurs publics et privés, NDLR]
. Ce dernier point est très important puisqu'après dix ans on est face à des problématiques d'entreprises plus matures : les startups doivent aller chercher des clients et du chiffre d'affaires !
Un besoin particulièrement prégnant dans le contexte actuel de contraction du capital-risque avec des investisseurs bien plus sélectifs que par le passé. Ce qui donne des sueurs froides a plus d'une startup...