LA TRIBUNE - Comment est né ce projet de cluster ?
Pierre-Michel ETCHEVERRY - La première sollicitation de la CCI par des éleveurs remonte à huit ans ! Ces derniers cherchaient une solution pour la laine qui est considérée comme un déchet encombrant. Ils n'ont pas le droit de l'enfouir ni de la brûler et n'arrivaient plus à la commercialiser, comme cela se faisait auparavant à très bas prix principalement à des grossistes en Asie pour une utilisation en rembourrage de matelas.
La Nouvelle-Aquitaine compte 1,15 million de brebis, soit un quart du cheptel national, qui produisent du lait et de la viande, mais aussi environ 2.300 tonnes de laine chaque année. Les volumes utilisés localement pour les charentaises ou encore les tapis d'Aubusson, mais pas les bérets, sont très faibles, alors qu'ils augmentent rapidement, car les brebis sont tondues tous les ans. La laine était un matériau massivement utilisé de longue date par l'Homme jusqu'à l'arrivée des fibres synthétiques. Il faut donc trouver de nouveaux usages pour la laine.
Pouvez-vous donner des exemples ?
Nous sommes partis de l'éleveur, car l'objectif est de lui garantir, quelque soit le débouché, au moins une rémunération pour la tonte et la collecte, soit un prix minimum de 1,20 euro par toison. Ce prix est fixe, même si le poids récolté varie selon les races, différentes dans les Pyrénées et dans le Massif central, entre un kilo pour les races Lacaune dont le lait est utilisé pour le roquefort, à près de trois kilos pour les Manech tête rousse élevées pour produire les fromages Ossau-Iraty notamment.