Implanter de grands parcs photovoltaïques dans les espaces ruraux pour subvenir à la consommation des agglomérations et des industries... l'équation a de quoi alimenter les dissensions entre territoires ruraux et urbains. « L'accessibilité sociale qui repose sur le fait, selon les sondages, que 80 % de la population est favorable aux énergies renouvelables, notamment le solaire, diffère de l'accessibilité locale, avec localement des points de blocage qui peuvent apparaître autour de certains projets. On l'a vu en Gironde avec le projet Horizeo », décrypte Claire Bordenave, membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) et économiste des énergies renouvelables. Or l'acceptabilité est une dynamique sociale, un processus qui démarre dès la conception du projet, quand il peut encore évoluer, mais aussi au cours de son développement et de son exploitation.
L'un des points d'achoppement se cristallise autour d'une course au foncier. « Il y a effectivement une certaine concurrence avec des appels à manifestations d'intérêt lancés par des collectivités pour du foncier public ou semi-public ou même auprès de grands propriétaires privés pour reconvertir des friches. Il devient de plus en plus compliqué d'avoir accès à des parcelles intéressantes, proches de points de raccordement, notamment dans les régions du sud de la France », constate Maud Gaide, directrice solaire adjointe du développeur Q Energy.