La survie des Girondins de Bordeaux toujours suspendue à un fil

Pierre Cheminade

Les Girondins de Bordeaux joueront-ils leurs matchs de National 2 au Matmut Atlantique ? C'est un paramètre décisif dans leur survie à court terme.
Agence APPA

Pierre Cheminade

Les Girondins de Bordeaux joueront-ils leurs matchs de National 2 au Matmut Atlantique ? C'est un paramètre décisif dans leur survie à court terme.
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Mardi 17 septembre, le tribunal de commerce de Bordeaux décidera de la survie des Girondins. Soit les juges, satisfaits des garanties financières apportées, prolongeront la période d'observation dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire. Soit ils prononceront la liquidation judiciaire. À l'approche de cette étape décisive, les discussions se poursuivent entre Bordeaux Métropole, propriétaire du Stade Matmut Atlantique, la société SBA, qui en gère l'exploitation, et le club de football détenu par Gérard Lopez. L'enjeu est clair : éviter la liquidation en permettant aux Girondins de jouer dans ce stade de 42.000 places afin de percevoir d'indispensables recettes de billetterie. Mais le problème c'est que tout cela a un coût et que, pour l'heure, aucun accord n'a été trouvé.
Pour le tribunal de commerce, « l'important c'est que les Girondins n'aient pas les frais de loyers dans leur budget 2024/2025 et qu'ils puissent jouer au Matmut Atlantique pour générer des recettes de billetterie. Nous ferons en sorte que ce soit le cas », a rassuré Christine Bost, la présidente (PS) de Bordeaux Métropole et propriétaire du stade. La collectivité pourrait en effet envoyer les Girondins directement en liquidation si elle venait à exiger le versement des 20 millions d'euros de loyers impayés par le club. Mais elle a annoncé qu'elle ne le ferait pas, consentant un nouvel effort financier.
« La place des Girondins est au Matmut ! », appuie également Pierre Hurmic, le maire écologiste de Bordeaux, ce 12 septembre. Mais pour celui qui est aussi 1er vice-président de Bordeaux Métropole, ce soutien public doit rester mesuré : « On peut décaler temporairement les loyers pour éviter la liquidation mais cela ne doit pas relever du quoi qu'il en coûte ! On peut faire des efforts à condition que Gérard Lopez et SBA fassent aussi des efforts ! »
Les discussions portent sur la prise en charge des frais techniques de l'organisation des rencontres au Matmut Atlantique, qui se situeraient autour de 75.000 euros par rencontre. Dans l'immédiat, le prochain match contre Bourges, samedi 14 septembre, se jouera à nouveau à huis-clos au stade Sainte-Germaine, au Bouscat. Mais chacun espère trouver un accord en vue de la réception de Châteaubriant le 21 septembre. « Je les incite vivement à trouver un accord pour ce match et les suivants », exhorte Pierre Hurmic, excluant a priori que la Métropole puisse prendre en charge les frais techniques.
Du côté du club, le propriétaire actuel, Gérard Lopez, est jugé toujours plus indésirable par les élus comme par les supporters mais il est encore aux manettes. L'homme d'affaires hispano-luxembourgeois, qui s'est exprimé il y a quelques jours, reconnaît notamment « une faillite sportive totale, et cela à tous les niveaux de responsabilité, en commençant par moi-même » mais aussi « l'absence d'un relais local ».
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Sur ce point, Gérard Lopez a nommé le chef d'entreprise agenais Arnaud de Carli, président du Club Scapulaire depuis 2021, comme « vice-président des relations institutionnelles ayant comme mandat de rapprocher le club du tissu local », et Guy Cotret, actuellement membre du conseil, « qui viendra soutenir le club sur les processus financiers et administratifs ». Un remaniement qui n'a pas évité le pire pour l'équipe féminine des Girondins de Bordeaux : elle a été exclue de tous les championnats nationaux par la DNCG fédérale et le groupe d'investissement anglais Sphera Partners LLP, pourtant en discussion avancée pour reprendre la section, a finalement jeté l'éponge.
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Pierre Hurmic, opposant de longue date à la construction du Matmut Atlantique et de la financiarisation du football, pousse également pour préparer l'après Gérard Lopez. Il défend un nouveau modèle de gouvernance coopératif : « Nous sommes un petit club désormais, profitons-en pour expérimenter et innover », suggère-t-il, assurant « échanger presque tous les jours avec des porteurs de projets de reprise, avec d'anciens joueurs, avec des personnes engagées qui essaient d'imaginer des modèles alternatifs. » L'avenir du FCGB pourrait en effet passer par l'arrivée d'investisseurs locaux qui se sont récemment manifestés ou par la création d'une SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif). Mais le maintien de Gérard Lopez, qui cherche à tirer son épingle du jeu, reste un facteur bloquant.
Pierre Cheminade