Mobilités, transition écologique et logement : des sujets bien classiques pour la conférence de rentrée de Christine Bost, la présidente de Bordeaux Métropole. La situation du Stade Matmut Atlantique et des Girondins a néanmoins animé les échanges. Au-delà de ce lourd dossier, la collectivité attend les résultats de plusieurs études pour lancer ou non de nouveaux projets de transport.
Voilà six mois que Christine Bost s'est installée dans le fauteuil de présidente. L'occasion lui était donnée d'affirmer sa marque en cette rentrée à Bordeaux Métropole. Mais pour le cap, l'élue affirme, comme elle l'a fait depuis sa prise de fonction, vouloir s'inscrire dans la pure continuité de l'œuvre de son prédécesseur Alain Anziani : « continuer sur les bases qu'il a posées au début de ce mandat » dans un esprit de « Métropole collaborative », enjoint-elle. Tel un clin d'œil manifeste au retour des maires de droite dans le bureau métropolitain, qui désespèrent de voir un nouveau grand projet être mis sur la table d'ici la fin du mandat.
«Je veux initier la co-construction d'une nouvelle coopération territoriale sans brutaliser les territoires. C'est un projet politique qui veille à ce que notre Métropole renforce son caractère d'hospitalité», présente-t-elle dans un discours où s'invitent les notions de« vulnérabilités », « d'aménagement raisonné »et de «dialogue permanent».
L'exploitant du stade mis en demeure
Le ton était moins emprunt de bienveillance au moment de se plonger dans un dossier dont la présidente subit les affres depuis plusieurs semaines. Et dont elle se serait bien passé. Les déboires du club de foot des Girondins de Bordeaux et avec eux du stade Matmut Atlantique relancent le conflit entre l'exploitant de l'enceinte et son propriétaire, la Métropole. La filliale de Vinci et Fayat, chargée d'assurer l'exploitation du stade, refuse d'accueillir le club au motif qu'il a perdu son statut professionnel. Ultime coup dur d'une série noire pour les Girondins qui sont privés de public et de billetterie. La Métropole exige leur retour dans l'enceinte, sans quoi la suite pourrait se jouer devant le tribunal.
« Je souhaite vivement que les Girondins puissent jouer au Matmut Atlantique, c'est le club résident et je ne comprends pas pourquoi ils ne pourraient pas y jouer, cela fait partie du contrat. On a mis en demeure SBA de permettre aux Girondins de jouer au Matmut ! », explique Christine Bost. Ce que SBA n'entend pas de la même oreille, en brandissant le risque d'un nouveau déficit d'exploitation à venir alors que les pertes cumulées dépassent les 20 millions d'euros. « Je n'entends pas la menace du dépôt de bilan, les rentrées de l'exploitant ont été stimulées par les événements : les demi-finales du Top 14, la Coupe du monde de rugby, les JO, les concerts... » Selon la Métropole, les comptes 2023 de SBA sont mêmes excédentaires, ce que l'entreprise a confirmé à La Tribune. Les Girondins doivent passer devant le tribunal de commerce le 17 septembre avant qu'une délibération synonyme de soutien financier et de suspension de loyer soit présentée en conseil métropolitain le 27. Le coût de l'aléa sportif non-anticipé ne cesse de s'alourdir pour la collectivité.
Encore des études pour les mobilités
Sur les thématiques choisies par la présidente, les mobilités ont tenu - comme c'est de coutume - le haut de l'affiche. Le nouveau pont Simone Veil au sud de l'agglomération a été inauguré début juillet et le lifting de son voisin le pont Saint-Jean sera terminé d'ici la fin de l'automne. La ligne de bus express G lancée en juin prend son rythme avec 22.000 voyageurs par jour mais la Métropole espère atteindre les 30.000 prochainement puis les 50.000 à terme. La prochaine ligne sera préfigurée en 2025 sur les boulevards et quatre autres pourraient suivre en 2027. Côté rail, Christine Bost s'est félicitée de la labellisation du RER Métropolitain bordelais et a relayé la position favorable de sa collectivité vis-à-vis de la construction d'une troisième voie ferroviaire au sud de Bordeaux, dont l'enquête publique vient de se terminer.
Mais la route semble encore longue pour soulager les déplacements urbains et répondre aux besoins des usagers, d'autant plus quand les projets structurants se font attendre. Le métro est encore au stade d'étude, tout comme une liaison par tram-train entre Bordeaux et Lacanau ainsi que la « robustification » du réseau tram, le plus étendu de France. L'édification d'un télécabine au-dessus de la Garonne ne semble plus animer la majorité de gauche, qui dit attendre un retour de l'Unesco d'ici la fin de l'année.
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Le logement social en production continue
La transition écologique est un autre axe fort du mandat impulsé par l'ex-président Alain Anziani. Malgré les nombreuses initiatives sur la décarbonation de l'industrie, la logistique, la végétalisation ou les mobilités douces, les effets tardent à se faire sentir. Les émissions de CO2 ont diminué de 6 % en cinq ans, alors que la neutralité carbone doit être atteinte d'ici 2050. Sur cette voie, la Métropole déploie son réseau de bornes de recharge pour véhicules électriques, qui compte pour l'instant 148 stations, prépare un plan pour la rénovation énergétique des particuliers et mettra en œuvre au 1er janvier prochain une Zone à faibles émissions - dans une version très peu ambitieuse. Un satisfecit néanmoins : en quatre ans, le programme « Plantons un million d'arbres » a déjà mis en terre la moitié de l'objectif. Il se poursuivra encore pendant six ans.
Enfin, pour le secteur en crise du logement, la Métropole semble limiter la casse dans le parc social. « Pour la première fois depuis 2018, nous avons atteint notre objectif de logements locatifs sociaux », souligne Christine Bost. 2.896 logements ont été agréés en 2023 et 4.159 sont désormais accessibles en bail réel solidaire. Bien qu'à la baisse, la production devrait se poursuivre puisque la première action de la présidente en mars avait été de débloquer une enveloppe de 35 millions d'euros pour soutenir les bailleurs sociaux. Une véritable urgence sur la Métropole, où 44 % des nouveaux arrivants ont moins de 30 ans et ont, pour la plupart, du mal à se loger.