Quatre permis exclusifs de recherches de métaux précieux ont été accordés à La Compagnie des Mines Arédiennes et Aurelius Ressources dans le sud Haute-Vienne et en Dordogne. Ce renouveau de l'activité minière est source de promesses comme de contestations.Un permis exclusif de recherches de mines délivré pour cinq ans. Le 31 janvier, Aurelius Ressources (Orléans), filiale du britannique Aurelius Resources Ltd a peut-être reçu de l'or en barre. Dénommé « Nouveau Bourneix », le document autorise la recherche d'or sur 39,19 km2 au Chalard, à Ladignac-le-Long (Haute-Vienne) et Jumilhac-le-Grand (Dordogne), au cœur du Parc naturel régional du Périgord-Limousin. Outre le métal jaune, la société peut chercher une vingtaine de métaux stratégiques (*) parmi lesquels lithium, nickel, argent ou encore du tungstène, très recherché par l'industrie et qui pourrait bientôt être exploité en Ariège.
Dans le secteur, l'extraction d'or remonte à l'Antiquité et la dernière mine d'or et d'argent y a été exploitée de 1988 à 2001 par la Cogema au « Bourneix » (une centaine de salariés). Elle a fermé en 2002 faute de rentabilité, le cours de l'or ayant chuté. Mais le contexte actuel bien plus favorable avec un lingot frôlant 78.500 euros attire les sociétés minières. « Ce permis couvre les anciennes mines du Bourneix, indique Dominique Fournier, géologue à Aurelius Ressources. Nous avons énormément de données historiques à intégrer dont celles de la Cogema. Cela ne sert à rien de se lancer trop loin sur des forages quand on n'a pas intégré l'ensemble de ces données. » Des études de surface ont eu lieu pour « bien comprendre la structure géologique du gisement composé de filons de quartz aurifère contrôlés par des plissements, failles et déplacements. »
« On vise une exploitation souterraine »
Après cette phase achevée en 2025, des autorisations de forage seront demandées. Des études environnementales sont déjà en cours. « On ne connaîtra la position des forages qu'une fois le travail géologique fait », précise-t-il. Cinq ans ne suffiront peut-être pas pour la demande d'exploitation car « la recherche est un long processus. »
Des filons seraient toujours là, plus profonds et sur des zones où la Cogema ne cherchait pas. « En plus de l'or et de l'argent, on espère trouver des minéraux associés », indique-t-il. La Cogema a foré jusqu'à 300 mètres de profondeur trouvant 10 à 15 g d'or par tonne. « On peut avoir 3 ou 4 g par tonne mais des zones délaissées peuvent être économiques maintenant. On vise le potentiel en profondeur pour une exploitation souterraine jusqu'à 700 ou 800 mètres », évalue le géologue. Si la concession est accordée, Aurelius Ressources envisage un « projet industriel » avec 100 à 200 créations de postes et des emplois induits.
Corinne Mérigaud, à Limoges