Enervivo mobilise 30 millions d'euros pour un agrivoltaïsme à petite échelle

Pierre Cheminade
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Une installation agrivoltaïque sur des parcelles de vignes dans les Pyrénées-Orientales.
Enervivo

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Une installation agrivoltaïque sur des parcelles de vignes dans les Pyrénées-Orientales.
Enervivo
Fraîchement mis en ligne pour consultation, le projet de programmation pluriannuelle de l'énergie fixe l'objectif de développement du solaire à 5,5 GW/an, contre 3 GW/an dans la précédente PPE. Et pour la première fois, l'agrivoltaïsme, qui combine activité agricole et production d'électricité sur une même parcelle, est mentionné clairement comme l'un des leviers à mobiliser pour atteindre cet objectif. De quoi offrir des perspectives à la filière qui dispose depuis quelques mois d'un cadre réglementaire sur-mesure. D'autant que sur le terrain, l'intérêt des agriculteurs semble croissant tant pour des raisons économiques et financières que se protéger des impacts du dérèglement climatique.
« Nous comptons 300 demandes entrantes d'agriculteurs depuis le début de l'année pour développer des projets, à 80 % en Nouvelle-Aquitaine », assure ainsi Sylvain Frédéric, président et co-fondateur du développeur bordelais Enervivo. « La dynamique est palpable : face aux épisodes de gels et de sécheresses, les agriculteurs cherchent des solutions et l'agrivoltaïsme en est une, tout en leur apportant un complément de revenu », appuie l'ingénieur agronome. « Il y a effectivement beaucoup de projets déposés mais ils n'avancent pas forcément très vite compte tenu des délais de financement, de raccordement et d'instruction qui s'allongent », tempère toutefois Audrey Juillac. La présidente de la Fédération française des producteurs agrivoltaïques déplore ainsi « un délai de cinq à sept ans pour sortir un projet » tandis qu'Enervivo évoque « entre trois et cinq ans ».
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De tels délais nécessitent de la trésorerie, tout particulièrement pour une entreprise de 12 salariés créée il y a seulement trois ans telle qu'Enervivo. Sa première installation sera mise en service au printemps 2025 en Charente-Maritime mais le développeur se donne les moyens de voire plus grand et plus vite. Il vient de mobiliser 30 millions d'euros auprès d'Epopée Gestion, un fonds d'investissement breton qui a récemment injecté un ticket identique dans Greenspot, un fabricant bordelais de bornes de recharge électrique.
Pierre Cheminade