SBA, le gestionnaire du stade Matmut Atlantique, a déjà brandi plusieurs fois la menace d'un dépôt de bilan ces dernières années pour tenter de peser dans les négociations avec Bordeaux Métropole. Sans jamais passer à l'acte. Mais, cette fois, la situation pourrait se décanter début 2025 compte tenu de l'absence frappante de perspectives financières et politiques. La conciliation lancée en 2023 avec Bordeaux Métropole a échoué et le dialogue est rompu depuis plusieurs mois entre les deux acteurs tandis que la dégringolade sportive des Girondins de Bordeaux et la perte du sponsor historique n'arrangent rien.
À tel point que SBA a ouvert mi-décembre une procédure de conciliation devant le tribunal de Nanterre pour une durée de deux mois, soit jusqu'à mi-février. Et alors que Christine Bost, la présidente de Bordeaux Métropole, balayait l'hypothèse d'un dépôt de bilan de SBA en septembre, elle n'élude plus la question et assure désormais que la collectivité s'est préparée à tous les cas de figure.
Pour comprendre comment la situation s'est à ce point dégradée en seulement dix ans, il est utile d'en revenir au modèle économique imaginé en 2011 par SBA pour exploiter ce stade de 42 000 places jusqu'en 2045.
Chargée par Bordeaux Métropole de la conception, construction, exploitation et maintenance du stade Matmut Atlantique, SBA prévoyait d'équilibrer pertes et profits sur trente ans pour être globalement bénéficiaire à l'issue du contrat. L'exploitant, filiale de Fayat et Vinci, tablait bien sur des pertes cumulées de 6,8 millions d'euros entre 2015 et 2023 avant de basculer dans le vert en 2024 puis de gagner de plus en plus d'argent jusqu'en 2045. Mais les pertes réelles se sont avérées bien supérieures au modèle financier initial pour dépasser les 20 millions d'euros fin 2024, soit une différence de plus de 13,5 millions d'euros. Et de l'aveu même des dirigeants successifs de SBA, ce modèle est jugé structurellement déficitaire pour l'exploitant, entraînant une perte de l'ordre de deux millions d'euros par an.