« Les maisons de négoce sont en train de préparer des plans sociaux, le chômage partiel se met en place, les contrats avec les producteurs sont en passe d'être rompus et on arrache de la vigne...», énumère Raphaël Delpech. Le directeur général du Bureau national interprofessionnel du cognac a livré un état des lieux particulièrement sombre pour la filière charentaise qui pèse trois milliards d'euros de chiffre d'affaires lors d'une réunion de crise organisée par la Région Nouvelle-Aquitaine ce 17 avril sur l'impact économique des droits de douanes.
Après la fermeture des marchés russes puis chinois, la hausse des taxes douanières décidées par Donald Trump est vécue comme un nouveau coup de massue dans le monde du cognac pour qui les États-Unis sont, de loin, le premier débouche à l'export. Et cette impasse aura des répercussions dans toute la région tant le poids économique du spiritueux charentais est important avec 4 200 viticulteurs et 72 000 emplois.
L'inquiétude est aussi palpable dans le vignoble bordelais, où 30 millions de bouteilles ont été expédiées outre-Atlantique l'an dernier pour 417 millions d'euros. Alors même que 13 000 hectares ont déjà été arrachés en 18 mois, les vins de Bordeaux n'ont vraiment pas besoin d'une guerre commerciale. « Nous sommes revenus à un équilibre de marché entre capacité de production et consommation mais si la situation continue, on devra aller plus loin et arracher davantage », déplore ainsi Christophe Chateau, le directeur de la communication du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux. Avec, là encore, des conséquences délétères pour toute la filière à l'instar des plans sociaux déjà déclenchés chez le verrier OI-Glass.