Contre le cancer, ByoRNA veut produire un ARN souverain et moins cher
Hélène Lerivrain
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BYoRNA, cofondée par Pascal Viguié, entrepreneur dans les technologies de pointe, Thierry Ziegler, ancien cadre dirigeant de Sanofi et Merck et Chantal Pichon, chercheuse à l’origine du brevet, emploie dix personnes.
Près de Bordeaux, ByoRNA développe une production locale à grande échelle et à moindre coût d'ARN, ces molécules porteuses d'information génétique. La biotech boucle une levée de 1,5 million d’euros pour finaliser les tests de sa technologie visant à soigner des maladies infectieuses, cancers et maladies rares.
Encore inconnu du grand public il y a cinq ans, l'ARN messagers (ARNm) s'est imposé pendant la pandémie de Covid-19, le principe étant d'injecter dans le corps non pas une protéine mais de l'ARN, « sorte de manuel d'instruction qui va produire la protéine », explique Pascal Viguié co-fondateur de ByoRNA. Fondée en 2022, elle entend démocratiser l'accès aux nouvelles stratégies thérapeutiques et vaccinales à base d'ARNm.
Aujourd'hui, la quasi-totalité des ARNm est produite in vitro par synthèse enzymatique. « Mais cette méthode est à la fois coûteuse et techniquement limitée car elle produit des ARNm de qualité inégale et ne permet pas la synthèse de longues molécules », explique Pascal Viguié.
Pour lever ces obstacles, ByoRNA développe une plateforme de bioproduction à partir de cellules de levure. L'entreprise girondine promet des ARN de meilleure qualité et jusqu'à cent fois moins chers.
« L'ARN [acides ribonucléiques] présente beaucoup d'avantages qui vont faire que le marché va être important. Mais il y a aussi un nombre certain d'inconvénients qu'il faut combattre. C'est l'objectif de ByoRNA », expose Pascal Viguié. L'entreprise girondine vise trois segments de marché : les maladies infectieuses type Covid, les cancers et les maladies rares.
Pascal Viguié insiste aussi sur la notion de souveraineté. « Notre technologie permet de produire localement à partir d'une cellule de levure et de sucre. Il n'y a ainsi plus besoin d'aller aux États-Unis ou en Chine pour s'approvisionner en composants», souligne Pascal Viguié.
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