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Business - La Tribune Bordeaux

« La French Tech Bordeaux doit apporter plus de valeur à son écosystème » (Hakim Baka)

Propos recueillis par Pierre Cheminade

Publié le 10 juillet 2025 à 08:10

Hakim Baka, en t-shirt noir au deuxième rang, entouré du nouveau board de la French Tech Bordeaux

Hakim Baka, en t-shirt noir au deuxième rang, entouré du nouveau board de la French Tech Bordeaux

French Tech Bordeaux

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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ENTRETIEN. Élu président de la French Tech Bordeaux, Hakim Baka se laisse 100 jours pour bâtir une feuille de route mais le cofondateur de Geev insiste déjà sur l’impact et la création de valeur. Deux leviers jugés incontournables pour protéger la French Tech des aléas politiques et économiques à venir.

À 41 ans, Hakim Baka a été élu président de la French Tech Bordeaux, succédant à Mathilde Le Roy. Cofondateur de la start-up Geev, créée début 2016, cet entrepreneur incarne le difficile combat pour démontrer la viabilité d'un modèle économique à part, fondé sur le don gratuit d'objets. Il livre à La Tribune les grandes lignes qui guideront son action à la tête des 600 adhérents de la French Tech Bordeaux et de son écosystème.

LA TRIBUNE - Quelles sont les priorités que vous allez fixer pour la French Tech Bordeaux ?

HAKIM BAKA - Compte tenu du fort renouvellement du conseil d'administration et de mon attachement à un fonctionnement collectif, nous n'avons pas encore acté de feuille de route à ce stade. Nous nous laissons 100 jours pour travailler et définir nos priorités à partir des sujets portés par chacun. Il y aura nécessairement des renoncements parce qu'on ne pourra pas tout faire mais il y a aussi des points de convergence évidents, à commencer par l'impact.

C'est un sujet sur lequel je suis particulièrement impliqué puisque Geev s'est construite sur un modèle économique alternatif. Mais c'est aussi un modèle grand public et peu technologique avec un impact très concret. Plus largement, l'impact est le dénominateur commun de tous les membres du board. Il y a d'autres sujets que je maîtrise moins, tel que l'industrie ou l'international, mais il faudra aussi qu'ils soient portés par d'autres membres du board, par d'anciens membres ou par des candidats non élus. Je veux vraiment me mettre au service d'un fonctionnement collectif.

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« Business first ! » : c'est le mot d'ordre de Julie Huguet, la directrice de la mission French Tech nommée fin 2024, prenant acte du changement d'époque en matière de levées de fonds. Vous retrouvez-vous dans cette stratégie ?

Oui, c'est un mot d'ordre que je rejoins volontiers parce que la rentabilité est un objectif naturel pour toutes les entreprises ! Mais je sais aussi que certaines entreprises ont mécaniquement besoin d'être financées parce que leur développement nécessite des coûts élevés ou du temps long, que ce soit pour de la deeptech ou pour démarrer des stratégies d'audience.

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On est passés en quelques années d'une logique de surfinancement des start-up à une logique plus normale, plus rationnelle. Ce n'est pas plus mal parce qu'il y a eu des survalorisations de start-up et même des entreprises qui ont disparu à cause de ça quand elles ont eu besoin de se refinancer. Il faut donc continuer à financer les start-up qui en ont besoin mais il est aussi important que les entrepreneurs veillent à adopter un fonctionnement frugal et équilibré.

Vous êtes élu à un moment particulier pour la French Tech, très identifiée à Emmanuel Macron. Les associations French Tech souffrent déjà de financements nationaux et locaux moins importants et elles pourraient bien sortir fragilisées des élections municipales du printemps 2026 mais surtout de l'élection présidentielle de 2027. Comment appréhendez-vous cette période délicate ?

Ce n'est pas la période la plus facile, c'est évident. Mais, comme tout chef d'entreprise, je sais qu'une difficulté, c'est aussi une opportunité. Je suis convaincu que la French Tech Bordeaux peut exister par la seule force de sa communauté et nous avons deux ans pour le démontrer ! Pour défendre notre indépendance, nous devons développer encore davantage nos ressources propres et donc convaincre de nouveaux membres de nous rejoindre. Je pense en particulier à certains pionniers de l'écosystème numérique bordelais et à de gros acteurs qui devraient s'engager davantage dans la French Tech.

S'ils ne le font pas, c'est qu'ils n'y trouvent pas leur compte. C'est donc à nous de comprendre pourquoi. La French Tech Bordeaux doit apporter davantage de valeur à son écosystème. On peut aller bien plus loin que les 600 adhérents actuels et pour cela, il faut que notre proposition de valeur progresse et soit extrêmement lisible pour tout le monde : depuis le dirigeant d'une toute jeune start-up jusqu'aux scale-up et aux grands groupes et, aussi, c'est important, aux salariés de toutes ces entreprises.

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Six nouveaux visages pour la French Tech Bordeaux

Le conseil d'administration, composé de huit membres, est quasi intégralement renouvelé, en particulier les sièges dévolus aux entrepreneurs qui accueillent six nouveaux venus. Hormis Hakim Baka, on y retrouve Thomas Boisserie, président et co-fondateur des Nouvelles Fermes, Margaux Lyprendi, directrice générale des start-up Jestocke et Waresito, Guillaume Mouzet, directeur général de la plateforme Akigora, Laurence Riou, présidente d'Ixeo-Conseil, et Armandine Nkondock, directrice générale d'Archimaid. Seul candidat pour représenter les grands groupes Maxime Doreau (Labelium) est réélu tandis que Mathilde Le Roy siège de droit en tant qu'ancienne présidente (2023-2025).

Propos recueillis par Pierre Cheminade

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