BT2i et JV Group : futurs leaders des productions en petites séries pour l'aéronautique ?

Maxime Giraudeau

Maxime Giraudeau
Après une période de remous, la filière aéronautique et spatiale remet les gaz. Et inscrit sa croissance retrouvée dans une tendance de fond : les synergies entre industriels. C'est ainsi que les fabricants BT2i et JV Group, implantés dans le Sud-Ouest, ont annoncé un rapprochement ce 21 juin. Le second va devenir filiale du premier à travers une opération pilotée par Tikehau Capital, gestionnaire d'actifs, seul actionnaire de JV Group et majoritaire de BT2i. Un rapprochement qui se veut avant tout « juridique et contextuel », alors que chaque société dispose de quatre sites industriels. « On sort tous du Covid avec des blessures, l'idée est d'être plus solides et adossés à un fonds qui nous donne des capacités d'investissement », explique Jean-François Auger, directeur commercial de JV Group.
Les deux sociétés vont être complémentaires puisqu'elles sont présentes sur des marchés différents. JV Group fabrique des prototypes et petites séries de pièces métalliques et composites pour les secteurs défense et spatial. Elle intervient également dans l'aménagement de l'intérieur des cabines d'avions pour l'aéronautique. L'entreprise emploie 240 personnes sur quatre sites (Artigues-près-Bordeaux, Eysines, Saintes et Montauban) pour un chiffre d'affaires de 28 millions d'euros en 2022. De son côté, BT2i est spécialisé sur la structure d'avions et hélicoptères dans le domaine de la défense, notamment pour Dassault et Airbus. L'entreprise emploie 650 personnes sur ses quatre sites (Rochefort, Serres-Castet, Toulouse et Bizerte en Tunisie).
Le tandem vise un chiffre d'affaires global de 100 millions d'euros d'ici 2024. « Le but est de construire un groupe leader du marché français de l'aéronautique et spatial-défense intégré et spécialisé dans le high mix & low volume », précise-t-il. Un anglicisme que l'on peut traduire par « haute diversité pour petits volumes », soit une capacité à produire beaucoup de pièces différentes pour des commandes spécifiques de faible volume. Les huit sites concernés n'ont pas vocation à être déplacés puisque les deux sociétés comptent sur leur actionnaire pour mener une importante stratégie d'investissement dans un contexte favorable au secteur. Airbus a annoncé d'importantes commandes la semaine dernière au Salon du Bourget et le budget de la nouvelle loi de programmation militaire va doper l'activité de l'industrie défense française.
À lire également
La filière, elle, est encore en phase de restructuration. « On pourrait produire plus mais il nous manque du personnel et de la trésorerie », contrebalance Jean-François Auger, qui dit vouloir opérer ce rapprochement sans brusquer les activités des deux sociétés. Le directeur commercial tient particulièrement à retrouver une performance financière avant d'augurer de nouvelles perspectives de croissance.
Maxime Giraudeau
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur