La Nouvelle-Aquitaine est la deuxième région française où le nombre d'étudiants augmente le plus: +12% entre 2012 et 2017, selon l'Insee. Mais l'offre locative dédiée aux jeunes actifs et en insertion ne peut suivre cette tendance. Si bailleurs et associations peinent à développer le logement neuf, des alternatives sont trouvées."On ne va pas se mentir, la recherche de logement tient un peu du parcours du combattant." Même sur le site de la région Nouvelle-Aquitaine, en tête d'une page dédiée, on reconnaît que des milliers d'étudiants et de jeunes actifs galèrent chaque année pour se loger à proximité de leur lieu d'études ou de travail. Pour proposer une alternative à la pénurie structurelle dans le parc locatif privé, les acteurs sociaux trouvent de nouveaux moyens pour proposer des solutions adaptées à ce public.
Yellome inaugure sa plateforme digitale
Lancée à la rentrée 2018, Yellome, filiale du groupe Action Logement, dispose d'un parc locatif dédié aux étudiants et aux jeunes actifs de moins de 30 ans. La structure propose des résidences dans six départements de Nouvelle-Aquitaine (Charente, Charente-Maritime, Dordogne, Gironde, Lot-et-Garonne et Haute-Vienne) où la dynamique d'enseignement et de formation est élevée. Les loyers encadrés tournent autour de 400 euros mensuels charges comprises pour un studio.
"L'objectif est d'accéder rapidement au logement et pouvoir en partir tout aussi rapidement. Les 18-30 ans sont un public où tout doit aller très vite", cadre Catherine Chargelègue, directrice générale adjointe de Noalis, dépositaire de la marque Yellome. Les préavis de départ sont donc réduits à une semaine et les logements sont toujours proposés meublés. De quoi offrir une flexibilité capitale pour étudiants, alternants et autres primo-salariés.
Le bailleur social a par ailleurs lancé, au 1er septembre 2021, sa plateforme digitale permettant aux demandeurs de s'identifier et de postuler directement en ligne. Résultat : entre septembre et octobre, Yellome a recueilli 1.500 demandes de logement pour toute la Nouvelle-Aquitaine, pour un parc de 1.600 lits déjà en location. Ces demandes se concentrent principalement sur l'agglomération bordelaise, et si le bailleur y dispose de deux tiers de son parc locatif, il ne peut toutes les contenter. "A l'échelle de la région, c'est sur Bordeaux métropole que nous connaissons les situations les plus tendues", déplore Catherine Chargelègue. A elle seule, l'intercommunalité bordelaise capte 37 % des 200.000 étudiants néo-aquitains (Insee, 2017). Sans compter qu'elle ne dispose que de 8.5 logements sociaux pour 100 étudiants, quand la moyenne nationale se situe à 10.