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Business - La Tribune BordeauxIndustrie - La Tribune Bordeaux

Ford Aquitaine Industries : l’union sacrée pour que Ford autorise la reprise de l’usine

Photo de Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean

Publié le 24 octobre 2018 à 11:28 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:23

Ford Aqutiaine 2 comité de suivi 903

manif

Agence Appa

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Le gouvernement et les services de l’Etat sont au diapason des élus et des syndicalistes de l’usine Ford Aquitaine Industries, qui se sont mobilisés hier pour faire savoir au groupe Ford Motor Company qu’il doit accepter que l’usine girondine puisse être reprise par Punch Powerglide. Comme l'a souligné le syndicaliste Philippe Poutou, rien ne sera possible sans l'autorisation de Ford.

Hier, mardi, le préfet de la Gironde, Didier Lallement, a organisé une réunion consacrée à l'avenir de l'usine Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Gironde), qui fabrique des boîtes de vitesses automatiques et emploie 872 salariés. Le constructeur automobile Ford a déjà annoncé le lancement d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qui est en cohérence avec sa volonté de fermer l'usine d'ici septembre 2019. Officiellement Ford a cherché un repreneur et cette option était sa priorité, mais celui qu'elle a trouvé, en l'occurrence le groupe Punch Powerglide, spécialiste de la fabrication de boîtes de vitesses automatiques pour l'automobile, qui a repris le site General Motors de Strasbourg, ne ferait pas l'affaire.

En parallèle le constructeur automobile américain a lancé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qui s'inscrit dans une logique de fermeture de FAI.

"Nous sommes engagés depuis plusieurs mois dans des discussions rigoureuses et détaillées avec un acquéreur potentiel qui a agi de bonne foi et de façon constructive pendant tout le cours de ces discussions, avec le soutien du gouvernement français. Néanmoins, comparé à un plan social Ford très complet, nous ne pensons pas que le plan de l'acquéreur potentiel offre le niveau de sécurité et de protection requis ou limite le risque futur de suppression d'emplois", a ainsi officiellement réagi la semaine dernière, le 18 octobre, Ford Motor Company.

Pour tous, Ford fait semblant de ne pas rejeter la reprise

Une déclaration sans ambiguïté à laquelle le groupe de Détroit n'a pourtant pas tout à fait fermé la porte. Evoquant la venue la semaine dernière à Bordeaux de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des finances, et la volonté de l'Etat et des collectivités territoriales de faire un effort financier pour assurer le maintien d'une activité industrielle dans l'usine, d'un montant de 17,5 M€, Ford Motor Company a accusé réception du message.

"Toutefois, poursuit ainsi le communiqué de la firme américaine, Monsieur Le Maire a offert un soutien plus avancé du Gouvernement et nous attendons donc davantage de détails afin d'appréhender pleinement la situation et les implications en résultant pour l'ensemble des parties prenantes. En parallèle, nous poursuivons le processus de recherche d'un repreneur".

Le problème c'est que plus personne ne croit en la volonté réelle de Ford de trouver un repreneur pour FAI et que lors de la réunion qu'il a organisé ce mardi le préfet de la Gironde, Didier Lallement, n'a pas hésité à accuser le constructeur automobile de « trahison » à propose de sa gestion de ce dossier industriel.

Consensus sur la nécessité d'une reprise

Le préfet avait réuni, hier à la préfecture, une sorte de comité de pilotage bis de FAI, en présence de Jean-Pierre Floris, délégué interministériel aux restructurations d'entreprises, de Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, de représentants du groupe Punch Powerglide et des syndicats de FAI.

"Nous nous sommes réunis ce jour pour que les éléments du plan de reprise présenté par Punch Powerglide puissent être discutés. Nous avons travaillé sur des bases solides et il nous reste à aborder des questions sociales importantes. Mais tout le monde est d'accord pour que le principe d'une reprise de l'usine soit respecté. Nous nous opposons au PSE et à la fermeture de l'usine, qui serait une trahison ! avec des effets catastrophiques à la clé", a résumé en substance Didier Lallement, avant d'enfoncer le clou une bonne fois pour toutes.

"A travers vous (la presse -Ndlr) je m'adresse à Ford pour dire à ses dirigeants que nous avons un plan de reprise solide et qu'il serait catastrophique que le groupe parte en ayant fermé l'usine", a ainsi conclu le représentant de l'Etat.

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Le principe d'une réduction de l'emploi par rapport à l'effectif actuel ne fait d'autant pas de doute que, comme l'a souligné Philippe Poutou, délégué CGT, une majorité « d'anciens (à partir de 55 ans) » ne veut plus continuer à travailler et demandera à bénéficier du PSE.

"Il faut d'abord que Ford donne son autorisation"

Si les chiffres ne sont pas encore connus, Philippe Poutou estime qu'il pourrait rester au final 400 salariés à reprendre. Mais la balle est plus que jamais dans le camp de Ford.

"Il faut d'abord que Ford donne son autorisation pour que la reprise puisse se faire, puisque le groupe est propriétaire de l'usine, a opportunément rappelé Philippe Poutou. Ensuite, il faut que Ford soutienne par des commandes la production de l'usine pendant la phase de transition, qui pourrait durer deux à trois ans, avant que Punch Powerglide puisse vraiment prendre la main. Enfin, Ford doit abonder un fonds de garantie. C'est comme ça. Notre usine ne perd pas d'argent et la situation actuelle est de leur faute", déroule le syndicaliste.

Si les représentants de Punch Powerglide n'ont pas souhaité s'exprimer à l'issue de cette réunion, Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, qui suit ce dossier de très près avec Christine Bost, première présidente du Conseil départemental de la Gironde, n'a été démentie par personne quand elle a expliqué "c'est la première fois que je vois un véritable interlocuteur, sans langue de bois, nous dire « voilà ce que l'on peut faire ». Nous avons perdu du temps mais nous pouvons encore faire quelque chose".

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Même si les syndicats ont encore beaucoup à redire sur le volet social de l'offre du repreneur, la reprise est devenu un nouvel horizon. La situation de Ford Aquitaine Industries sera l'un des éléments revendicatifs centraux lors de la manifestation organisée à Bordeaux ce jeudi 25 octobre dans le cadre d'un appel national à la mobilisation.

Jean-Philippe Déjean

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