Ford Aquitaine Industries : l’union sacrée pour que Ford autorise la reprise de l’usine

Jean-Philippe Déjean

manif
Agence Appa

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Hier, mardi, le préfet de la Gironde, Didier Lallement, a organisé une réunion consacrée à l'avenir de l'usine Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Gironde), qui fabrique des boîtes de vitesses automatiques et emploie 872 salariés. Le constructeur automobile Ford a déjà annoncé le lancement d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qui est en cohérence avec sa volonté de fermer l'usine d'ici septembre 2019. Officiellement Ford a cherché un repreneur et cette option était sa priorité, mais celui qu'elle a trouvé, en l'occurrence le groupe Punch Powerglide, spécialiste de la fabrication de boîtes de vitesses automatiques pour l'automobile, qui a repris le site General Motors de Strasbourg, ne ferait pas l'affaire.
En parallèle le constructeur automobile américain a lancé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qui s'inscrit dans une logique de fermeture de FAI.
Une déclaration sans ambiguïté à laquelle le groupe de Détroit n'a pourtant pas tout à fait fermé la porte. Evoquant la venue la semaine dernière à Bordeaux de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des finances, et la volonté de l'Etat et des collectivités territoriales de faire un effort financier pour assurer le maintien d'une activité industrielle dans l'usine, d'un montant de 17,5 M€, Ford Motor Company a accusé réception du message.
Le problème c'est que plus personne ne croit en la volonté réelle de Ford de trouver un repreneur pour FAI et que lors de la réunion qu'il a organisé ce mardi le préfet de la Gironde, Didier Lallement, n'a pas hésité à accuser le constructeur automobile de « trahison » à propose de sa gestion de ce dossier industriel.
Le préfet avait réuni, hier à la préfecture, une sorte de comité de pilotage bis de FAI, en présence de Jean-Pierre Floris, délégué interministériel aux restructurations d'entreprises, de Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, de représentants du groupe Punch Powerglide et des syndicats de FAI.
"A travers vous (la presse -Ndlr) je m'adresse à Ford pour dire à ses dirigeants que nous avons un plan de reprise solide et qu'il serait catastrophique que le groupe parte en ayant fermé l'usine", a ainsi conclu le représentant de l'Etat.
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Le principe d'une réduction de l'emploi par rapport à l'effectif actuel ne fait d'autant pas de doute que, comme l'a souligné Philippe Poutou, délégué CGT, une majorité « d'anciens (à partir de 55 ans) » ne veut plus continuer à travailler et demandera à bénéficier du PSE.
Si les chiffres ne sont pas encore connus, Philippe Poutou estime qu'il pourrait rester au final 400 salariés à reprendre. Mais la balle est plus que jamais dans le camp de Ford.
Si les représentants de Punch Powerglide n'ont pas souhaité s'exprimer à l'issue de cette réunion, Véronique Ferreira, maire de Blanquefort, qui suit ce dossier de très près avec Christine Bost, première présidente du Conseil départemental de la Gironde, n'a été démentie par personne quand elle a expliqué "c'est la première fois que je vois un véritable interlocuteur, sans langue de bois, nous dire « voilà ce que l'on peut faire ». Nous avons perdu du temps mais nous pouvons encore faire quelque chose".
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Même si les syndicats ont encore beaucoup à redire sur le volet social de l'offre du repreneur, la reprise est devenu un nouvel horizon. La situation de Ford Aquitaine Industries sera l'un des éléments revendicatifs centraux lors de la manifestation organisée à Bordeaux ce jeudi 25 octobre dans le cadre d'un appel national à la mobilisation.
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