Ford Aquitaine Industries : le gouvernement Philippe menace le groupe Ford

Jean-Philippe Déjean

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Agence Appa

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Alors que le 13 décembre Ford Motor Company (FMC) a annoncé qu'il allait fermer en août 2019 Ford Aquitaine Industries (FAI), sa filiale girondine de Blanquefort, spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, qui emploie quelque 860 salariés, et que le groupe américain a confirmé cette annonce le 18 décembre, les hommes du président de la République semblent vouloir donner la réplique à la multinationale. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a directement menacé ce jeudi 20 décembre le constructeur automobile américain de représailles.
Après une phase d'abattement, l'intersyndicale s'est remobilisée (Agence Appa)
Après Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, très engagé sur le dossier FAI, qui a accusé Ford de trahison, le président Emmanuel Macron est lui-même monté aux créneaux, jugeant "hostile et inacceptable" la décision de Ford de fermer sa filiale. "Il y a un peu de patriotisme à avoir", a confirmé Benjamin Griveaux, favorable à une solution "qu'elle soit temporaire ou pas, qui permette de maintenir l'activité sur le site de Blanquefort" complète l'AFP. En refusant que l'usine puisse être cédée à un repreneur pour poursuivre son activité et en refusant de s'impliquer dans tout processus de reprise, le groupe Ford a été clair, n'hésitant pas à se montrer provocant. Le patron du groupe de Dearborne (banlieue de Détroit), Jim Hackett, a ainsi refusé de parler à Bruno Le Maire qui cherchait obstinément à rentrer en contact téléphonique avec lui pendant la semaine.
"Tout ce que l'on sait c'est que le ministre a eu au téléphone un cadre dirigeant de Ford Europe, à Cologne, et qu'apparemment ça s'est très mal passé" confie un salarié de l'usine.
Hier jeudi 20 décembre Bruno Le Maire, sur BFM Business, a déclaré qu'il ne serait pas impossible que l'Etat nationalise temporairement l'usine de Ford Aquitaine Industries, le temps de trouver une solution viable, qui semble désormais à portée de main. Rien n'indique naturellement que cela finisse par se faire.
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Toutes ces déclarations vont dans le sens d'une mobilisation soutenue par les salariés qui sont prêts à travailler avec le repreneur belge, le groupe Punch. Mais elles sont toutes formulées au conditionnel, alors qu'officiellement il n'y a plus de négociations avec qui que ce soit. Les membres du gouvernement ont-ils raison d'essayer de faire peur au groupe Ford au lieu de s'attaquer à lui frontalement ? Cela n'est pas certain. En tout cas, comme nous l'avons annoncé mardi 18 décembre, les salariés de l'intersyndicale de FAI doivent s'entretenir demain vendredi avec des représentants du gouvernement.
Jean-Philippe Déjean
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