Ford Aquitaine Industrie : le plan de revitalisation du site n’est-il qu’un écran de fumée ?

Jean-Philippe Déjean

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Agence Appa

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Ce PSE implique la fermeture définitive, en août prochain, de FAI, usine de fabrication de boîtes de vitesses automatiques qui emploie 850 salariés, dont un peu plus de 300 devraient partir en préretraite, 150 être mutés à l'usine sœur de Getrag Ford Transmissions (GFT), à quelques centaines de mètres de là, et un peu moins de 400 être licenciés, dans le cadre du PSE.
Un plan qui implique également une opération de "revitalisation" du site industriel. Pour la CGT de FAI, membre de l'intersyndicale FO, CFE-CGC, opposée à la fermeture, Ford Aquitaine Industries est désormais un dossier industriel en phase terminale.
Hier dimanche, dans une interview accordée au Parisien Dimanche le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé qu'il avait demandé à Ford d'investir 20 M€ à Blanquefort au titre de la ré-industrialisation du site et du territoire. Assez loin des 150 M€ que Ford avait laissé dans l'usine girondine lors de son départ en 2009, pour sécuriser sa reprise par le fond d'investissement HZ Holding. Pour le conseiller régional néo-aquitain Francis Wilsius (ex-leader ouvrier du mouvement lancé à FAI contre le départ de Ford en 2009) ce terme flou de revitalisation cache en réalité d'importantes négociations soutenues par les collectivités territoriales : Région Nouvelle-Aquitaine, Conseil départemental de la Gironde, Bordeaux Métropole, Ville de Blanquefort.
Francis Wilsius souligne que ces négociations portent, en plus de l'investissement prévu, sur la rétrocession pour un euro symbolique par le groupe Ford du foncier, du bâti et des machines, mais également la récupération de la licence pour pouvoir lancer la fabrication de la 8FMID, boîte automatique à huit vitesses dont les droits sont codétenus par Ford et General Motors (GM). Sachant que le groupe belge Punch, qui gère l'usine GM de Strasbourg, est le seul repreneur en lice pour la reprise de FAI.
Le groupe Ford, propriétaire de l'usine girondine, a refusé le plan de reprise présenté par Punch. Mais dans le cadre de la revitalisation, et à condition que le constructeur automobile américain accepte qu'une nouvelle activité industrielle se développe dans l'usine, il n'est pas déraisonnable de penser que Punch puisse revenir à Blanquefort avec un projet industriel plus étoffé.
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Lors de son passage surprise à Pessac, ce jeudi soir, à l'occasion du Grand débat, le président Emmanuel Macron a dénoncé le cynisme de Ford et annoncé que le gouvernement allait faire pression sur le groupe de Dearborn (banlieue de Détroit) pour obtenir de bonnes mesures de revitalisation du site. Répondant à une question relative à la modification de la loi pour permettre la récupération par les collectivités territoriales du foncier, posée par Christine Bost, 1e vice-présidente du Conseil départemental de la Gironde, qui suit ce dossier de près, Emmanuel Macron a fait savoir que c'était plutôt une mauvaise idée, qu'il a opposée à l'obligation de revitalisation du territoire. Alors que dans l'esprit des élus et de l'intersyndicale il ne semble pas y avoir de contradiction entre ces deux options, qui se complètent.
Cela veut-il dire que le gouvernement va empêcher toute reprise du foncier, du bâti et des machines de FAI par les services de l'Etat et les collectivités impliqués dans le dossier ? Il semble que les diverses annonces officielles faites jusqu'ici tendent dans cette direction, dont il est difficile de voir sur quelles perspectives elles débouchent. Dans le même entretien Bruno Le Maire a souligné qu'il allait à nouveau rencontrer Ford en ce début de semaine pour trancher le montant financier de la revitalisation.
Une annonce qui, selon Philippe Poutou, n'est pas tout à fait à la hauteur de l'enjeu.
Une stratégie incontournable selon ce dernier si le gouvernement veut emporter la partie.
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Une option musclée qui semble ne pas être celle que va choisir le gouvernement. Mais même dans ce cas il semble bien que ce dossier soit encore loin de la dernière ligne de son dernier chapitre.
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