Ford Aquitaine Industries : les élus soutiennent l’action au TGI, pas le ministre

Jean-Philippe Déjean

La partie n'est pas finie pour ford blanquefort, dit le maire
Gonzalo Fuentes

Jean-Philippe Déjean

La partie n'est pas finie pour ford blanquefort, dit le maire
Gonzalo Fuentes
Comme nous l'avons annoncé en primeur le 29 mai dernier, les élus des collectivités territoriales ont publié, hier lundi 3 juin, un courrier commun de soutien à l'action du syndicat CGT de Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Gironde), qui attaque le bien-fondé économique de la fermeture (programmée le 1e octobre) de cette usine, spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques (6F35) devant le tribunal de grande instance (TGI) de Bordeaux.
Concrètement FAI est sous le coup d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui va se traduire par le licenciement de plus de 300 salariés, sur un effectif de départ calé à 850 personnes, sachant que près de 450 départs en pré-retraite sont au programme. Les maires de Blanquefort, Véronique Ferreira (PS), et Bordeaux, Nicolas Florian (LR), les présidents du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze (PS), de Bordeaux Métropole, Patrick Bobet (LR) et de la Région Nouvelle Aquitaine, Alain Rousset (PS), soulignent ainsi à l'unisson la mauvaise foi du groupe Ford.
Une prise de position qui n'était pas évidente à prendre pour ces derniers, sachant que ceux qui ont demandé le remboursement d'une partie des aides publiques versées à Ford sont au contact des avocats du constructeur automobile américain. Au point que le ministère de l'Economie et des Finances, dont le ministre Bruno Le Maire s'est beaucoup investi sur ce dossier industriel, a refusé d'apporter son appui à cette action syndicale devant le TGI de Bordeaux.
C'est ainsi que ce vendredi 31 mai, Bruno Le Maire a expliqué à Gilles Lambersend, secrétaire (CGT) du comité d'entreprise de FAI, et Philippe Poutou, délégué CGT de l'entreprise (et ancien candidat NPA à la dernière élection présidentielle), sa position qui tient en quelques mots.
L'alliance de fait entre l'intersyndicale FO, CFE-CGC, CGT de Ford Aquitaine Industries et le ministère de l'Economie et des Finances a-t-elle atteint son point de rupture ? Il ne semble pas complètement exagéré de le croire même si ces nouvelles tensions concernent d'abord le syndicat CGT.
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La réponse faite au ministre par Gilles Lambersend et Philippe Poutou est assez cinglante.
La pression exercée par Ford sur les négociations menées au sein du comité de travail, en faisant de l'épisode de ce 4 juin au TGI une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la réussite des débats sur la réindustrialisation du site, fait indiscutablement monter la température. Les cégétistes répètent qu'il n'est pas question pour leur syndicat de s'attaquer au PSE et à son homologation, puisque des salariés de FAI vont en profiter pour partir en pré-retraite, "par contre il est bien question d'empêcher la fermeture de l'usine et tous les licenciements contraints" souligne la CGT.
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La centrale syndicale développe une stratégie à deux volets, dont le second, qui n'a pas échappé au ministère, s'oppose frontalement à la politique sociale du gouvernement. Sensibilité qui a ainsi motivé le dépôt de plainte devant l'OIT, à Genève, puis l'intervention de la CGT devant le Conseil de l'Europe, à Strasbourg, pour obliger le gouvernement français à respecter ses engagements internationaux (barème d'indemnisation des salariés licenciés, durée de la dénonciation du bien-fondé économique d'un plan de licenciement...). Des points de friction qui n'ont rien d'anecdotiques puisqu'ils remettent en cause la stratégie politique du président Emmanuel Macron.
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