Philippe Dorthe le patron du port de Bordeaux (GPMB) voit l’avenir en rose
Jean-Philippe Déjean

Jean-François Laurent et Philippe Dorthe
Jean-Philippe Déjean
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Jean-François Laurent et Philippe Dorthe
Jean-Philippe Déjean
La remontée du moral au port de Bordeaux est palpable depuis l'arrivée en mars 2019 du nouveau président du directoire du GPMB et directeur général du port, Jean-François Laurent. Ce dernier a séduit par son parcours professionnel marqué par la marine marchande puis convaincu grâce à une stratégie de dialogue très ouverte. Exactement ce qu'attendaient les milieux d'affaires bordelais sans plus trop y croire.
Et puis ce début de retour de la confiance a été amplifié par l'élection à la présidence du Conseil de surveillance du GPMB de Philippe Dorthe, en octobre dernier. Très attaché au quartier Bacalan, où se trouvent la base sous-marine, les Bassins à flot et une grande partie de l'ancienne infrastructure portuaire de la ville, Philippe Dorthe, élu (PS) de la Région et du Département, a l'âme d'un porte-drapeau de l'industrie navale. Et sa mission de médiation, qui a permis de dénouer un conflit social très dur, qui s'était notamment traduit par un mois de blocage en cale sèche de la drague Anita Conti, sans laquelle les voies de navigation dans l'estuaire ne peuvent être maintenues ouvertes, a marqué les esprits.
Après le terrible choc provoqué sur la communauté portuaire en juillet 2018 par la décision du géant MSC de ne plus escaler à Bordeaux, puis le déclenchement du conflit social menée par la CGT, dans un contexte d'effondrement du trafic commercial et de dialogue presqu'impossible entre le directoire du GPMB et son environnement socio-économique, le doute menaçait de se transformer en dépression.
"2018 a été une année compliquée et 2019 une année de transition non moins compliquée", a confirmé Philippe Dorthe avant de retracer plus en détails le déroulement de ces deux dernières années. Le nouveau patron du port de Bordeaux, qui n'a aucun mal pour s'exprimer, s'est félicité de la reprise du dialogue avec les collectivités locales, impulsée par Jean-François Laurent et désormais portée par le Conseil de surveillance du GPMB.
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"Le port s'appuie désormais sur un seul accord et une seule convention avec les collectivités locales, au lieu de 36 auparavant !", a souligné Philippe Dorthe, qui a dit tout le bien qu'il pensait de la nouvelle relation de confiance instaurée avec l'Union maritime et portuaire de Bordeaux (UMPB), syndicat professionnel des chargeurs et acteurs économiques du port. Un discours optimiste validé sans effort par la secrétaire générale de l'UMPB, Maude Guillerme, qui était présente à ces vœux.
Philippe Dorthe a condamné à sa manière les quelques centaines milliers d'euros d'investissements réalisés dans le port au cours des dernières années, pour mieux se féliciter de l'action volontariste de son directeur général.
La relance de la commercialisation est bien entendue au programme de ce redressement portuaire porté par Philippe Dorthe et Jean-François Laurent. Philippe Dorthe est parfaitement conscient de la difficulté de l'exercice. Pour récupérer ne serait-ce qu'une partie des ventes de vin à l'export, le port va ainsi devoir faire la tournée des acheteurs, qui décident de ces flux logistiques, pour leur expliquer que le bateau c'est mieux que le camion.
Le président du Conseil de surveillance du GPMB n'est pas seul et peut compter sur des appuis enthousiastes au sein même du port. C'est ainsi que la vice-présidente du conseil d'administration du GPMB, la très discrète et très pugnace Nicole Pizzamiglia, vice-présidente de la CCI Bordeaux Gironde et fondatrice de la société girondine Seli (Société européenne de logistique internationale) met les bouchées doubles pour participer à la relance.
Philippe Dorthe n'oublie pas non plus le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, dont il est l'un des conseillers, et entend convaincre son président Alain Rousset de faire une place au port dans le prochain contrat de plan Etat-Région, qui est en cours de réalisation. Ce qui permettrait au GPMB de pouvoir financer de nouvelles actions. "Il faut mettre le turbo sur l'activité navale" a expliqué Philippe Dorthe, avant de revenir sur tous les projets portuaires en cours. Jean-François Laurent partage le diagnostic de ce dernier.
Il a rappelé que la stratégie de développement du port résultait d'un audit réalisé par un cabinet extérieur au GPMB et que pour réussir il faudrait rapidement relancer le conseil de développement du port. Politique environnementale et développement durable seront au cœur de cette relance, d'autant que le port possède un domaine foncier gigantesque, à cheval sur le domaine urbain de la Métropole et certains des espaces les plus sauvages de l'estuaire. Une réorientation globale dans laquelle Philippe Dorthe veut que la communauté portuaire bordelaise arrête de raisonner en termes de tonnes pour passer à une logique de flux.
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Le port de Bordeaux, bientôt un territoire de l'hydrogène
A noter que le 29 janvier, Jean-Frédéric Laurent a signé un protocole d'accord avec Cécile Prévieu, présidente exécutive de Storengy (groupe Enedis), un des leaders mondiaux du stockage souterrain de gaz naturel, et Pierre-Olivier Besombes, vice-président exécutif de Nexeya (groupe Hensoldt), qui conçoit et fabrique des systèmes électronique complexes (défense, aéronautique, transports, énergie) dans le cadre du lancement d'un projet hydrogène.
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Ce dernier vise à faire "de Bordeaux et son port un territoire de l'hydrogène pour l'industrie de la mobilité". Un sujet cher à Philippe Dorthe, grand défenseur de la création d'une filière énergétique de ce type. Il s'agit d'une production d'hydrogène bas carbone et renouvelable pour la mobilité et l'industrie en France. Les trois partenaires s'engagent ainsi à identifier les usages possibles de l'hydrogène pour le territoire et le port, avant de commencer à structurer une filière proprement dite.
Jean-Philippe Déjean