L'industrie pour Châtellerault, c'est une vitrine et un tissu précieux. Alors quand le secteur, qui représente 40 % des emplois du territoire, se trouve en difficulté, les élus se pressent généralement à son secours. Dernier coup de bambou en date : la flambée des prix de l'énergie à l'hiver 2022. Des factures multipliées par trois, quatre, parfois plus entend-on. Pour une agglomération qui compte une flopée de sous-traitants dans l'automobile et l'aéronautique, dans l'ombre des grands groupes, et meurtrie par les fermetures successives d'usines, il y a de quoi trembler.
Heureusement, la collectivité avait déjà de l'expérience en matière de résilience énergétique. En 2020, elle a financé une première centrale photovoltaïque, déployée par le fabricant châtelleraudais VMH Énergies, pour alimenter ses bâtiments publics. De quoi couvrir un tiers de sa consommation. « Voir qu'il était possible d'avoir cette énergie produite en circuit-court, en même temps que nous avons observé les impacts de la crise énergétique, nous a fait dire qu'il faudrait créer quelque chose pour les industries », retrace Évelyne Azihari, vice-présidente en charge de l'énergie et du climat au Grand Châtellerault. Une bonne volonté qui a largement intéressé. Pour le moment, on en reste là.
« C'est encore naissant, travailler ensemble n'était pas dans la culture des industriels », rappelle l'élue. L'agglomération aimerait donc pousser les industriels qui possèdent du foncier à le mobiliser pour accueillir des modules photovoltaïques. Et ça, dans le but d'une utilisation et d'un financement mutualisés entre plusieurs entreprises. Les terrains seraient ainsi mobilisés pour regagner en souveraineté énergétique et améliorer l'attractivité du territoire. Une chance pour ceux qui manquent de place au sol ou sur leurs toitures. Des études de consommation et d'opportunité ont été menées par le fournisseur Sorégies auprès de 25 industriels. Elles doivent préciser quelle est la pertinence pour chacun d'un approvisionnement énergétique en circuit-court. L'agglomération a quant à elle identifié un potentiel foncier de plus de 70.000 m2. Mais de là à jouer collectif, l'intérêt n'est pas toujours marqué.