C'est une démonstration de force qu'a mis en scène le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine ce vendredi 6 septembre à Bordeaux. Les élus du nord Gironde et de Charente-Maritime, les représentants régionaux des organisations professionnelles (CCI, Medef, UIMM, CPME...), la sous-préfète et même un entrepreneur venu des Pyrénées : près de 80 personnes étaient ainsi réunies. Il fallait au moins ça pour soutenir la candidature de la centrale Blayais à l'accueil de deux nouveaux réacteurs nucléaires à l'horizon 2045.
Histoire de s'emparer pleinement du dossier, la Région a placé la conseillère régionale socialiste Lydia Héraud à la présidence du comité de suivi. Un groupement qui a surtout les atours d'un comité de soutien puisque c'est EDF qui est à la manœuvre et mène, très secrètement, les études techniques d'implantation sur sept sites. Seuls quatre seront retenus pour accueillir des paires d'EPR de nouvelle génération. Pour les partisans de la candidature girondine, les avantages sont évidents.
« On a des atouts sur la disponibilité foncière, sur le refroidissement de l'eau, sur la faible densité de population environnante », fait valoir la nouvelle présidente du comité, par ailleurs présidente de la communauté de communes où se trouve l'actuelle centrale du Blayais. En brandissant un manifeste pro-atome qui a engrangé 1.300 signatures de personnalités locales, elle rappelle : « L'un des critères importants sera la mobilisation et l'acceptation du territoire. » Presque un avertissement pour le territoire nord-girondin quand on sait qu'il pourrait être en compétition avec le Tarn-et-Garonne, très mobilisé aussi pour accueillir le nouveau programme nucléaire du côté de Golfech. « Il faut reconnaître qu'il y a une compétition, évoque le président de région Alain Rousset. On a une longueur d'avance » veut-il croire en raison d'un « écosystème unique en France ».