« Les cylindres sont encrés, puis le surplus de couleur essuyé, avant l'impression sur le papier », détaille Alain Cheyron, responsable de l'atelier taille douce de Philaposte, l'imprimerie sécurisée de La Poste. Ce vendredi matin, ce sont des carnets de timbres verts qui sortent de l'une des chaînes de production de l'entreprise, établie à la périphérie de Périgueux en Dordogne. Chaque année, elle édite 800 millions de timbres français et 200 millions de produits d'affranchissement étrangers. Le volume est imposant, et pourtant il a été divisé par trois en dix ans, conséquence de la chute de l'activité courrier de La Poste.
Depuis lors, l'imprimerie diversifie ses débouchés pour tenter de maintenir un effectif de 400 salariés, contre 650 dans les années 2000, dans un monde de plus en plus numérique qui tourne le dos au papier et à son industrie. Le site périgourdin trouve la parade avec des timbres fiscaux, pour les pays d'Afrique notamment, mais aussi la partie sécurisée des passeports - français ou d'autres États - l'impression de kits pédagogiques à destination des écoles ou encore de cahiers de vacances à partir de cet été.
Depuis fin mars, l'imprimerie prend le virage de la filière des vins et spiritueux. « Les activités de diversification représentent 20 % de notre chiffre d'affaires aujourd'hui, les nouveaux marchés ont vocation à doubler cette part », indique Romain Périgord de Villechenon, directeur marketing. C'est qu'au cœur des machines de Philaposte se trouve un savoir-faire unique en France : celui de la taille fine à deux fois trois couleurs, qui permet d'intégrer des éléments de sécurisation dans les impressions. C'est cette technique éprouvée pour les timbres que l'entreprise entend mettre à disposition de la filière viti-vinicole.