Électricité verte à bas prix : neuf industriels forment une alliance inédite en France
Maxime Giraudeau
L'usine de piles à hydrogène de HDF à Blanquefort en Gironde fait partie des sites industriels concernés par le contrat d'achat groupé d'électricité des entreprises de Nouvelle-Aquitaine.
Neuf ETI industrielles de Nouvelle-Aquitaine se sont alliées pour sécuriser leur approvisionnement en électricité verte en choisissant le développeur Valeco. Pendant quinze ans, elles seront à l'abri des aléas du marché de l'énergie grâce à un contrat novateur.
Sans la crise énergétique de 2022, jamais elles ne se seraient rapprochées. Confrontées à l'envolée des prix de l'électricité, ces neuf entreprises industrielles ont décidé de s'allier... pour les quinze prochaines années. En Nouvelle-Aquitaine, des entreprises de taille intermédiaire (ETI) viennent de s'engager avec le producteur d'énergie renouvelable Valeco à travers un contrat d'achat collectif d'électricité. Elles se nomment Anett, Aqualande, Avi-Charente, Bernardaud, Ceva Santé animale, Delmon Group, Epsilon Composite, HDF Energy et Ridoret.
Fomentée par le conseil régional et le Club des ETI depuis 2021, l'initiative est une première en France. Grâce à ce qu'on appelle un PPA, pour Power Purchase Agreement, les alliés vont bénéficier d'un tarif de l'électricité inférieur de 10 % à 15 % aux prix du marché. Ce qui leur permettra au passage de décarboner leurs diverses activités, qui vont de la santé animale à l'hydrogène, en passant par la porcelaine ou les matériaux composites. Un quart de leur approvisionnement en énergie sera ainsi assuré par Valeco.
Flambée énergétique
Le développeur montpelliérain raccordera fin 2026 une centrale photovoltaïque d'une puissance de 23 mégawatts en Lot-et-Garonne, afin d'alimenter les entreprises réparties sur toute la région Nouvelle-Aquitaine. C'est une première pour Valeco, qui a dû se frotter à quelques questions juridiques. « Il a fallu établir une notion de solidarité entre les ETI, certaines vont peut-être changer de mains, disparaître et, à ce moment-là, les volumes d'électricité doivent être redistribués. La BPI s'est portée garante et compensera financièrement le manque à gagner si une ou plusieurs ETI se désengagent », explique François Daumard, le dirigeant de Valeco.
L'attrait pour ce genre de contrat s'observe de plus en plus, alors que ceux-ci sont permis depuis une dizaine d'années dans l'Union européenne. « C'est un galop d'essai, on peut imaginer qu'on va reconduire ça dans le futur, maintenant que la Nouvelle-Aquitaine a essuyé les plâtres. Ce contrat va faire jurisprudence et on va s'atteler à le dupliquer dans toutes les régions de France », espère François Daumard. Le Club des ETI d'Occitanie a déjà montré sa curiosité.
Une industrie pro-renouvelable
L'enjeu est désormais de faciliter le recours à ces achats groupés pour des entreprises de petite taille. « Si des PPA se contractualisent depuis quelques années maintenant, ils restent jusque-là la chasse gardée des entreprises très fortement consommatrices d'électricité et des très grands groupes pour des raisons de "bancabilité" et de volume de consommation électrique. Le défi est aujourd'hui de démocratiser un modèle de PPA pour l'ouvrir à des entreprises dont la notation financière et la consommation d'électricité seront plus modestes », écrit Alain Rousset, le président (PS) du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.
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À l'heure où les débats autour de l'intérêt des énergies renouvelables font rage dans le champ politique, sur le terrain, les entreprises réclament en revanche plus que jamais de pouvoir décarboner leur économie et de gagner en stabilité sur les prix d'achat. Il n'y a pas à ce jour de solution plus aboutie qu'en s'appuyant sur le solaire ou l'éolien.