Vente d'art en ligne : première levée réussie pour KAZoART, qui quitte Paris pour Bordeaux

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Incubée initialement chez Paris Pionnières, finaliste du Grand prix de l'innovation de la Ville de Paris, KAZoART change d'air. Sa fondatrice en 2015, Mathilde Le Roy, cherchait un cadre de famille plus agréable pour sa famille et s'est montrée "convaincue par la possibilité de se développer économiquement depuis Bordeaux, où l'écosystème est dynamique et où il est sans doute plus facile d'être entendue et d'être accompagnée".
Loin de la jungle parisienne, KAZoART poursuit un objectif ambitieux : apporter sa pierre à la démocratisation de la vente d'œuvres d'art en ligne. Un marché mondial évalué à 10 Md€ en 2020.
Après des études en marketing, Mathilde Le Roy a travaillé dans plusieurs institutions culturelles avant de franchir le cap de l'entrepreneuriat en 2015 avec KAZoART.
Face aux majors que sont Amazon ou l'alliance Sotheby's - eBay, et la concurrence de nouvelles startups qui émergent progressivement, KAZoART se positionne sur un segment de marché bien précis. Ses "têtes chercheuses" recherchent des artistes émergents pour des œuvres originales ou en séries très limitées de tous types, de la photographie à la sculpture, de 5.000 à moins de 100 €.
En bonne chef d'entreprise, "assez décomplexée à l'idée de parler business", ce qui est suffisamment rare pour être signalé, Mathilde Le Roy a bien ciblé "la barrière psychologique des 500 € au-dessus de laquelle les acheteurs sont plus frileux à l'idée de commander sur Internet. Le constat est là : la plupart des gens ne sont pas prêts à sauter ce pas-là. C'est donc en dessous que nous devons nous positionner pour faire du volume."
S'ajoutant à sa propre démarche pro-active de détection d'artistes en émergence, KAZoART est de plus en plus sollicitée et sélectionne environ 1 dossier sur 20. "Nous souhaitons rester exigeants dans nos choix, qualitatifs et raisonnables en termes de prix", résume Mathilde Le Roy. La startup ne fait pas payer les artistes pour être visibles sur sa plateforme : son modèle économique repose exclusivement sur les commissions qu'elle prélève à chaque transaction (30 %) et sur la vente en BtoB aux entreprises, pour qui elle assure également une prestation de conseil. L'équipe, composée de 3 personnes actuellement, va s'étoffer avec 2 recrutements prévus en 2017.
Pour se développer, la startup va pouvoir s'appuyer sur une première levée de fonds réussie, 300.000 € collectés auprès de business angels et de Bpifrance, qui accompagne le projet depuis ses débuts. Un second tour de table est prévu l'an prochain pour financer son ouverture à l'international. KAZoART cible un volume d'affaires de 5 M€ à horizon fin 2018.
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Elle a également été sélectionnée pour être accompagnée par Héméra, accélérateur de startups de Bordeaux, qui s'installera à terme dans l'ancienne halle Marie Brizard.
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