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La PME Imadis orchestre la téléradiologie d'urgence depuis Bordeaux

Photo de Pierre Cheminade

Pierre Cheminade

Publié le 14 juin 2023 à 04:33

Imadis

65 radiologues se relaient dans les locaux d'Imadis à Bordeaux pour assurer permanences nocturnes. 200 à 300 examens radiologiques d'urgence sont réalisés à distance chaque nuit.

PC / La Tribune

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Depuis 2018, un centre de téléradiologie est opéré par Imadis à Bordeaux. Ce pionnier lyonnais de la télémédecine a bâti un modèle en pleine croissance pour prendre le relais des centres hospitaliers de taille moyenne en manque de médecins.

Dans ce petit open space, logé au 5e étage d'un immeuble du boulevard Wilson, jusqu'à sept radiologues peuvent travailler simultanément. Ils réalisent à distance des examens radiologiques d'urgence pour le compte d'une centaine de centres hospitaliers français, dont treize en Nouvelle-Aquitaine (*). Postes ergonomiques, larges écrans, assiettes de bonbons, douche, cuisine et chambre de repos : tout y est prévu pour leur proposer des conditions de travail plus agréables qu'à l'hôpital public. Pendant leur garde de nuit de douze heures chez Imadis, ils assureront 30 à 50 examens radiologiques chacun, principalement des scanners.

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« Ces radiologues ont tous un poste à temps plein ailleurs, à l'hôpital ou en cabinet, ils viennent deux à trois nuits par mois, d'abord par conviction et par envie de traiter des urgences », pointe Hubert Nivet, lui-même radiologue et directeur de l'antenne bordelaise d'Imadis, ouverte dès 2018. Mais il est aussi question de rémunération puisque le complément de salaire versé par Imadis tourne autour de 20 % pour trois nuits par mois.

Un délai moyen de seize minutes

Cette PME fondée à Lyon en 2012 par quatre radiologues, à une époque où la télémédecine était encore balbutiante, a essaimé à Bordeaux six ans plus tard et compte désormais neuf centres en France. Elle affiche 23 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2022 et fédère 360 radiologues pigistes dont un tiers sont associés au capital de l'entreprise. Le modèle est simple : Imadis combine les savoir-faire de radiologues professionnels et des outils numériques efficaces pour apporter une aide à des services hospitaliers en sous-effectif, particulièrement la nuit et en zone rurale.

L'entreprise s'appuie sur le logiciel de Deeplink Medical, également développée par les cofondateurs d'Imadis, pour assurer un diagnostic radiologique dans un délai moyen de seize minutes à partir de la réception des images envoyées par l'hôpital. La salle d'attente est commune à tous les centres Imadis qui traitent donc indifféremment des demandes venues de tous les centres clients en France.

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Les radiologues sont également assistés depuis 2019 d'un algorithme d'intelligence artificielle développé par la société israélienne Aidoc. « C'est purement un rôle de soutien sur des questions très précises pour détecter des traces de sang dans le cerveau, des embolies pulmonaires ou des fractures. Le curseur est très sensible pour avoir des faux positifs plutôt que des faux négatifs et le radiologue garde évidemment le dernier mot en cas de dissonance », explique Hubert Nivet.

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Données sensibles

De quoi occasionner cependant certains maux de tête en termes de sécurité des données personnelles de santé, qui sont parmi les plus sensibles. Difficile d'imaginer lors d'un scanner lambda que les images seront aussitôt sorties de l'hôpital public pour être examinées par une société privée.

« Avant la transmission des images, une déclaration de consentement est signée par le patient ou par sa personne de confiance, sauf en cas d'urgence absolue. Ces images sont stockées physiquement dans notre serveur certifié HDS (hébergeur de données de santé) environ trois mois avant d'être ensuite automatiquement purgées », rassure Hubert Nivet, pour qui Imadis apporte un vrai service : « L'idée n'est pas de vider les hôpitaux puisque nous refusons d'embaucher des radiologues à temps plein et que nous ne traitons que des actes d'urgence. Nous voulons au contraire nous associer à des groupes de radiologie locaux pour permettre aux hôpitaux qui maillent le territoire d'offrir un service performant ».

Imadis se rémunère via l'acte CCAM (classification commune des actes médicaux) auprès de l'Assurance maladie et via un abonnement annuel au logiciel Saas (software as a service) souscrit par les hôpitaux clients.

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(*) Les centres hospitaliers d'Agen, Angoulême, Dax, Jonzac, Marmande, Oloron, Orthez, Pau, Royan, Saintonge, Saint-Jean-d'Angély, Villeneuve-sur-Lot et la Clinique mutualiste de Pessac.

Pierre Cheminade

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