Muse, Top 14 : à Bordeaux, le stade Matmut Atlantique se diversifie

Jean-Philippe Déjean

Matmut Atlantique
Mikael Lozano

Jean-Philippe Déjean

Matmut Atlantique
Mikael Lozano
Arrivé depuis deux mois à la direction de Stade Bordeaux Atlantique (SBA), société gestionnaire du Matmut Atlantique (à Bordeaux-Lac) formée par le consortium Vinci Concessions et Fayat, qui a construit ce grand stade de 42.000 places, Christophe Pierrel (Vinci Stadium) s'est montré optimiste lors de la conférence de presse organisée le 5 juin. Il estime ainsi que 2019 sera l'année où la dimension sportive et festive du stade va atteindre sa vitesse de croisière. Après le concert d'Ed Sheeran du 29 mai dernier, SBA accueille les deux demi-finales du Top 14, ces samedi et dimanche 8 et 9 juin, avant le concert du groupe Muse, le 16 juillet.
"Ces quatre événements vont drainer 169.000 personnes au total dans notre enceinte. A la question : le Matmut Atlantique est-il capable d'être la première plateforme sport et concert de la façade Ouest de la France, je réponds que c'est le cas", assure Christophe Pierrel. Deux gros concerts dans l'année, c'est une bonne jauge pour ce dernier, qui situe son plus haut annuel à trois événements de ce type en fonction de l'activité du Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB), le club résident. Attirer de grosses locomotives internationales comme Muse ou Ed Sheeran ne va pas de soi et, à part Céline Dion et les Vieilles Canailles, SBA n'a pas beaucoup brillé jusqu'ici dans ce domaine.
Christophe Pierrel a expliqué qu'il fallait "forcer le destin" auprès des sociétés qui organisent la tournée des grands artistes internationaux à partir de la Belgique, avec, selon le patron de SBA, un circuit Paris, Lyon, Marseille, Nice avec entre 50 et 100 semi-remorques. "Pour eux, venir jusqu'à Bordeaux c'est un surcoût de 150.000 euros, il faut donc les convaincre de venir ici", éclaire Christophe Pierrel. La concurrence de la salle Arkéa Arena de Floirac, spécialement taillée pour ne recevoir que de grands spectacles, dont le show de Mariah Carey, programmé en juin, n'est pas un problème pour le patron de SBA.
Christophe Pierrel a naturellement rappelé le rôle crucial joué par la pelouse, non seulement pendant les matchs mais aussi pour les concerts. Déposée en rouleaux, cette dernière a une durée de vie de deux ans. Ce produit technique, qui se divise en deux strates, est acheté en Espagne pour un coût moyen compris entre 350 et 400.000 euros, sans la main d'œuvre. SBA se rémunère sur les concerts et les matchs de rugby de l'UBB (Union Bordeaux-Bègles) puisque le Football Club des Girondins de Bordeaux reverse de son côté un loyer annuel à Bordeaux Métropole (3,8 M€ par an), dans le cadre du partenariat public-privé (PPP) qui a permis de construire le stade.
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Pour compléter le chiffre d'affaires de SBA le président a annoncé l'organisation, du 12 juin au 4 juillet, de l'Orange Foot Park. Il s'agit de matchs de football de format compétition de salle, organisés dans la largeur du stade, moyennant 15 euros par participant. Des matchs filmés avec la possibilité de ramener les meilleurs ralentis de ses actions... Le nouveau président de SBA est visiblement un peu agacé quand on lui parle de chiffres et ne veut pas revenir sur ceux de SBA, renvoyant aux documents de Bordeaux Métropole, actionnaire dans le cadre du PPP. Pour mémoire, fin 2018 Alain Juppé, alors maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, avait dévoilé un exercice 2017 décevant pour SBA par rapport aux prévisions, avec un chiffre d'affaires de 19,7 M€ pour un résultat net déficitaire à -3,4 M€ (contre -3,3 M€ en 2016), bien en-deçà des prévisions, qui tablaient sur un déficit d'un peu plus de 1 M€. Ce qui ne remet pas encore la viabilité de l'entreprise en question.
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