Climat : les émissions mondiales continuent d'augmenter
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Les incendies exceptionnels de 2024 ont nui à la capacité d'absorption des forêts
Bruno Kelly
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Les incendies exceptionnels de 2024 ont nui à la capacité d'absorption des forêts
Bruno Kelly
Alors que la COP29 a débuté à Bakou il y a deux jours, le rapport Global Carbon Budget révèle que les émissions équivalent CO2 ont augmenté de 2% dans le monde entre 2023 et 2024. Elles renouent avec le rythme moyen observé lors de la décennie 2004-2013 et s'éloignent de la baisse de -3,9% annuelle qui serait nécessaire d'ici à 2050 pour atteindre la neutralité carbone à cet horizon. C'est le principal enseignement de ce rapport produit par une équipe internationale de plus de 120 scientifiques, qui fournit depuis près de 20 ans une mise à jour annuelle des émissions mondiales évaluée par des pairs.
Sa conclusion pour 2024 : la concentration de CO2 dans l'atmosphère s'élève à 422,5 ppm (parties par million), soit 52% de plus qu'à l'ère pré-industrielle. Si la tendance de 2024 se poursuit, il reste six ans avant de dépasser le budget carbone mondial permettant de limiter le réchauffement à +1,5°C, et 27 ans pour 2°C.
Cette hausse s'explique par deux facteurs essentiels : une augmentation des émissions liées aux énergies fossiles en dépit d'une forte progression des énergies propres, et des puits de carbone naturels (océans et forêts) eux-mêmes victimes du changement climatique et affectés par des incendies hors normes, qui ne parviennent plus à jouer leur rôle de façon aussi efficace.
Les émissions des énergies fossiles continuent d'augmenter, faiblement pour le pétrole et le charbon (sauf en Inde), plus fortement pour ce qui est du gaz naturel, dont les émissions ne diminuent qu'au sein de l'Union européenne.
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Celles du ciment, matériau issu de la combustion d'un composé de calcaire lui-même transformé en clinker, qui pèsent 4% des émissions mondiales, sont également prises en compte. Leur baisse spectaculaire (-8%) en Chine, « sans doute sous l'effet conjugué d'une crise du bâtiment liée au ralentissement économique, et de réglementations instaurées par l'Etat », pour Pierre Friedlingstein, du Systems Institute d'Exeter, qui a dirigé l'étude, induit une diminution de -2,8% à l'échelle mondiale.
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