Climat : les émissions de gaz à effet de serre ont continué à baisser en France, mais le futur inquiète
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Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 5,3% en France au premier trimestre.
Reuters
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Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 5,3% en France au premier trimestre.
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Voilà une nouvelle encourageante. Ce mercredi, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu a déclaré que les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 5,3% en France au premier trimestre.
Sur les mois de janvier, février et mars 2024, la France a émis au total 101 millions de tonnes d'équivalent CO2 (Mt CO2e), a précisé le ministère dans un communiqué. Ces chiffres provisoires ne sont que des émissions brutes, ne prenant pas en compte l'absorption de CO2 par les forêts et les sols, principaux puits de carbone dont la qualité se détériore en raison des effets déjà visibles du réchauffement de la planète et des activités humaines. Par ailleurs, les émissions comptabilisées incluent les activités sur le territoire mais pas celles liées aux importations.
A noter : « Tous les secteurs baissent : l'énergie grâce à l'augmentation de la production de l'hydroélectricité et grâce au nucléaire, mais également les transports qui étaient le domaine dans lequel on avait le plus de mal », s'est félicité le ministre.
Dans le détail par secteurs, c'est l'énergie qui participe le plus à la décarbonation, « avec un recul des émissions de 16,8%, soit -2 Mt CO2e, en raison de l'accélération de la production d'électricité décarbonée », selon le ministère.
Les bâtiments (-7,1%) et l'industrie (-5,6%) s'inscrivent également en recul, portés d'une part par la baisse des émissions du chauffage (-7,8%) en raison « d'un trimestre au global plus doux que l'an passé et de la poursuite des comportements de sobriété » et d'autre part par les efforts de secteurs comme l'agroalimentaire (-9,3%) ou la construction (-7,6%).
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Les transports, premier secteur émetteur, restent sur une baisse moindre (-3%) mais conforme à celle déjà observée l'an dernier, « avec à la fois une diminution pour le transport routier (-3,1%) portée par la baisse observée des émissions associées aux véhicules diesel et le transport aérien français (-2,8%) ».
« Parce que ce qui les emmerde (...), ce sont les inondations, c'est la sécheresse, ce sont les conséquences du dérèglement climatique. On ne pourra pas faire un moratoire sur le dérèglement climatique », a martelé Christophe Béchu, en référence à certaines propositions des partis adverses à la majorité présidentielle.
Cette annonce arrive, de plus, quelques jours après une autre nouvelle porteuse d'espoir. Le Haut conseil pour le climat qui a publié son sixième rapport annuel, « conclut pour la première fois que l'objectif [de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ndlr] de 2030 est accessible », a révélé, lors d'une conférence de presse le 20 juin, Corinne Le Quéré, la première présidente de cette institution indépendante qui fait référence pour évaluer l'action du gouvernement en la matière. « La France a connu, pour la première fois en 2023 (hors crise Covid), un rythme de baisse de ses émissions de gaz à effet de serre dont l'ampleur - si elle se maintient dans les années à venir - est cohérente avec une trajectoire de décarbonation permettant d'atteindre ses objectifs pour 2030 », détaille le rapport.
Pour rappel, la France, doit s'aligner sur l'objectif européen de -55% d'émissions d'ici 2030 par rapport à 1990. Elle avait d'ailleurs échoué à respecter son premier budget carbone (2015-2018) et avait revu ses ambitions à la baisse en 2019.
La France avance vers son objectif, donc, mais pour y parvenir, le Haut conseil rappelle qu'elle doit consolider et poursuivre les efforts actuels, renforcer les actions structurelles, préserver les capacités d'absorption des puits de carbone forestiers et, enfin et surtout, se doter d'un cap clair. Or « il y a un véritable risque de recul de l'action climatique », a confié Corinne Le Quéré à La Tribune le 20 juin.
« Ni la loi de programmation énergie et climat, ni la Stratégie française énergie et climat, ni la 3e Stratégie nationale bas carbone, ni le 3e Plan national d'adaptation au changement climatique, ni la 3e Programmation pluriannuelle de l'énergie [PPE, ndlr] n'ont été formellement adoptés, en dépit des obligations législatives », résume le Haut conseil pour le climat dans son dernier rapport. « Le renouvellement de ces documents cadres est désormais urgent pour maintenir la structuration de la politique nationale de réduction des émissions et d'adaptation au changement climatique », insistent les experts dans l'épais document, faisant part de leur « vive préoccupation sur ces délais qui fragilisent la crédibilité de la politique climatique de la France ».
Dans ce contexte, les élections législatives font craindre un recul des efforts climatiques entamé par la France. « J'ai une inquiétude très forte. Cette campagne électorale porte un seul enjeu central : la potentielle arrivée de l'extrême droite au pouvoir en France. Si cela se produit, parmi tous les risques identifiés, un retour en arrière total sur toutes les questions d'écologie est désormais possible... », expliquait ce mercredi, à La Tribune, François Gemenne, politologue et co-auteur du sixième rapport du GIEC.
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« Dans le programme du Rassemblement national (RN), on trouve des mesures du type : peu d'ambition sur les énergies renouvelables, fin de l'interdiction de louer des biens mobiliers qui ont un diagnostic énergétique médiocre, absence de plan d'électrification du parc automobile, etc. En fin de compte, le RN nous ramène à l'âge des énergies fossiles et polluantes. Sa seule mesure écologique qui tient un peu près la route est le localisme alimentaire, mais c'est totalement insuffisant », a-t-il ajouté.
(Avec AFP)
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