Une annonce faite par le Premier ministre, Keir Starmer, l'un des rares dirigeants du G20 présent à la COP29.
[Article publié le mardi 12 novembre 2024 à 15h22, mis à jour à 17h04] Les conférences sur le climat sont souvent l'objet d'annonces et d'engagements. Preuve en est ce mardi, au lendemain de l'ouverture de la COP29 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le Royaume-Uni s'est engagé à réduire « d'au moins 81% » ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2035 par rapport à 1990, a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Ce nouvel objectif est l'axe central de la nouvelle « contribution déterminée au niveau national » (NDC) que le Royaume-Uni, comme l'ensemble des autres pays signataires de l'accord de Paris sur le climat de 2015, doivent déposer à l'ONU d'ici février prochain. Car cette feuille de route doit être mise à jour tous les cinq ans.
« Au vu des dommages climatiques déjà observés dans le monde, l'objectif d'une réduction des émissions de 81% d'ici 2035 constitue le bon niveau d'ambition »,a récemment indiqué le professeur Piers Forster, président par intérim de la Commission sur le changement climatique (CCC), organisme chargé de conseiller le gouvernement sur sa politique climatique.
Dans sa précédente contribution, le Royaume-Uni s'était engagé sur deux volets. D'une part, réduire ses émissions de 68% d'ici 2030 par rapport à 1990. Et, d'autre part, à atteindre la neutralité carbone en 2050. Le pays est plutôt bien avancé car il se situe « actuellement à près de 50% de réduction des émissions », avait indiqué en octobre à l'AFP la climatologue Corinne Le Quéré, membre du CCC. Pour autant, il n'est « pas sur la bonne voie » pour atteindre l'objectif de 2030.
L'ONG Greenpeace a en tout cas salué ce mardi un nouvel objectif « relativement ambitieux ». Elle apprécie également la décision de Keir Starmer « d'aller de l'avant » après les revirements du précédent gouvernement conservateur.
Le précédent exécutif avait notamment été accusé de manquer d'implication au niveau mondial. Et avait aussi été critiqué pour être revenu sur certaines mesures visant à réduire les émissions du pays. « Les objectifs doivent être soutenus par des actions audacieuses », a donc prévenu Greenpeace. Et l'ONG n'est pas la seule à attendre le gouvernement au tournant. « Fixer un objectif ne suffit pas. Le Royaume-Uni doit tenir ses engagements internationaux par des actes au niveau national », a souligné le CCC. De son côté, l'association The Climate Group a reconnu un « signal fort (...) dans une COP qui manque cruellement de leadership mondial », tout en appelant Londres à définir un « plan de mise en œuvre clair ».
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Les travaillistes, arrivés au pouvoir en juillet après 14 années de gouvernements conservateurs, se sont fait élire avec un programme ambitieux en matière de transition écologique. Celui-ci repose notamment sur la création d'une entité publique dotée de 8,3 milliards de livres (9,9 milliards d'euros) pour investir dans les énergies renouvelables.
« Rien ne pourrait être plus central pour les intérêts nationaux du Royaume-Uni que de faire des progrès au niveau mondial pour arrêter la hausse des températures »,avait assuré mi-septembre le ministre travailliste des Affaires étrangères, David Lammy, lors d'un discours.
Depuis cet été, le gouvernement a déjà pris plusieurs mesures en faveur du climat. Comme la fin du gel du développement de l'éolien terrestre, le lancement de nouveaux projets d'éolien en mer et de solaire ou encore l'engagement de ne plus délivrer de nouvelles licences d'exploration d'hydrocarbures en mer du Nord. Le pays a aussi fermé en septembre sa dernière centrale au charbon.
Rare dirigeant du G20 présent à ce sommet en Azerbaïdjan démarré lundi, Keir Starmer a en outre appelé « toutes les parties à présenter des objectifs ambitieux ». « Un problème mondial nécessite également un partenariat mondial et une coopération internationale responsable », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre britannique entend faire que son pays « redevienne un leader mondial en matière de climat », comme l'avait fait valoir Downing Street en amont de la COP. Ce que Keir Starmer a réaffirmé ce mardi.
« La course est lancée pour les emplois du futur dans l'énergie propre (...) Je ne veux pas être dans le peloton, je veux prendre une longueur d'avance », a-t-il insisté.
Interrogé sur la menace que fait peser l'élection de Donald Trump sur un éventuel retrait des États-Unis de l'accord de Paris, Keir Starmer a répondu qu'il ne comptait « pas dire aux autres comment se comporter ». « Tout le monde sait qu'il y a une transition énergétique », a-t-il souligné.
Lors de cette COP29, Londres entend par ailleurs pousser le financement de projets dans les pays en développement. Le gouvernement britannique prévoit ainsi de faire voter au Parlement une garantie de 1,2 milliard de dollars au bénéfice de la Banque asiatique de développement. David Lammy avait également réaffirmé en septembre la volonté du Royaume-Uni de ratifier le traité des Nations unies sur la haute mer visant à protéger les fonds marins, et à soutenir la conclusion d'un traité mondial sur le plastique.