Batteries : les promesses du lithium bas carbone à la française
Emma Rodot et Maxime Giraudeau
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Lithium de France
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Lithium de France
Été 2024. Les promeneurs de la forêt d'Haguenau, dans le Bas-Rhin, croisent des hommes en gilet orange patrouillant autour d'un camion blindé blanc. Les sentinelles civiles apposent des boîtiers discrets, plus petits qu'une batterie, au bord des chemins de cette « forêt d'exception », comme l'Office national des forêts en a ainsi classé dix-sept en France.
Que cherchent-ils sur la terre alsacienne, autrefois exploitée pour son pétrole ? La réponse se lit dans leur dos : ils sont les émissaires de Lithium de France envoyés en campagne d'exploration.
Cette toute jeune société a été créée en 2021 par Arverne — un groupe installé à Pau, coté en Bourse et qui s'intéresse aux ressources énergétiques du sous-sol — dans le but de développer une production de lithium 100 % française. Son terrain d'exploration préféré : le bassin rhénan et ses eaux géothermales riches en lithium (environ 0,2 g par litre). « La concentration est attestée par des études universitaires qui datent des années 1980. Ce lithium géothermal, dont certains connaissaient l'existence, n'était absolument pas convoité », retrace Pierre Brossollet, PDG du groupe Arverne.
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La transition énergétique et l'arrivée des véhicules électriques changent la donne. Car le lithium est l'ingrédient indispensable des batteries. Pas de chance, ce nouveau paradigme arrive une époque où l'Europe, place forte de la transformation jusque dans les années 2000, n'est plus dans la course. La conversion se joue aujourd'hui en Chine, qui concentre 87 % des importations mondiales entre 2017 et 2022 selon une étude du Cepii.
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