Bioraffinage : le fonds KKR rachète 25% d'une filiale d'Eni
latribune.fr
Le géant italien des hydrocarbures Eni a annoncé ce jeudi la signature d'un accord sur la cession au fonds d'investissement américain KKR (Photo d'illustration).
Le géant italien des hydrocarbures a annoncé céder 25% de sa filiale Enilive, spécialisée dans le bioraffinage, au fonds américain KKR pour 2,9 milliards d'euros.
Accord conclu. L'énergéticien italien annonce ce jeudi céder une participation de 25% dans Enilive, sa filiale spécialisée dans le bioraffinage, au fonds d'investissement américain KKR. Une opération estimée à 2,9 milliards d'euros.
Cette transaction valorise l'ensemble de la filiale à 11,75 milliards d'euros, indique le groupe dans un communiqué. Par ailleurs, elle « renforce la structure financière » d'Enilive. Selon l'accord, Eni réalisera une augmentation de capital de 500 millions d'euros avant la finalisation de la transaction « afin de créer une société exempte de dettes ».
«Avec le soutien de KKR, Enilive est en mesure de renforcer ses plans de croissance ambitieux et de continuer à fournir des solutions de transition énergétique», a commenté le PDG d'Eni, Claudio Descalzi.
Pour rappel, Enilive est spécialisé dans le bioraffinage, la production de biométhane et des solutions de mobilité intelligente, dont la société de partage de véhicules Enjoy. Cette filiale d'Eni possède en outre un réseau de stations-service proposant notamment des carburants issus de matières premières renouvelables. Enilive prévoit de porter sa capacité de bioraffinage à plus de 3 millions de tonnes par an d'ici 2026, soit le double de la fin 2023, et plus de 5 millions de tonnes d'ici 2030. Le bioraffinage est la transformation de productions agricoles notamment en biocarburants.
Le PDG d'Eni, Claudio Descalzi, applique ainsi ce qu'il appelle une stratégie « satellitaire ». En clair, créer des unités indépendantes spécialisées et capables d'attirer des investisseurs de « valeur », et ainsi financer la croissance du groupe. Ainsi, dans la même optique, Eni avait placé en juin sur les marchés 10% du capital de la société italienne d'ingénierie pétrolière Saipem pour un montant de 393 millions d'euros, tout en restant son premier actionnaire. Eni, qui détenait auparavant 31,19% des actions de Saipem, a ainsi vu sa participation passer à 21,19%.
Le groupe italien, qui compte réduire son endettement, avait subi au premier trimestre une chute de 49% de son bénéfice net à 1,21 milliard d'euros, dans le sillage de la baisse des cours du gaz. Son nouveau plan stratégique présenté en mars prévoit de limiter les investissements à 27 milliards d'euros sur la période 2024-2027, soit une baisse de plus de 20% par rapport au plan présenté l'an dernier.
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KKR souhaite accélérer la mobilité durable
Si KKR investit dans Enilive, c'est notamment « pour accélérer la mobilité durable et la transition énergétique », a fait valoir le fonds dans un communiqué séparé. Le fonds indique investir régulièrement dans divers actifs en Italie depuis 2005, « s'engageant concrètement à soutenir le développement économique et social du pays ».
En parallèle, KKR a rappelé avoir finalisé en juillet l'acquisition du réseau fixe de Telecom Italia - et son intégration dans FiberCop pour un montant pouvant atteindre 22 milliards d'euros. Une opération qui a permis de créer « le réseau à large bande le plus étendu d'Italie, desservant quelque 16 millions de foyers ». Principal actionnaire de groupe italien depuis 2015, Vivendi a contesté en justice cette vente, faisant valoir que « les droits des actionnaires de Telecom Italia ont été piétinés ».