Combien les mesures d'aide, mises en place par le gouvernement pendant la crise de l'énergie, ont-elles réellement coûté ? Depuis des mois en effet, de nombreux chiffres circulent. Fin 2022, l'exécutif évaluait la note globale à pas moins de 110 milliards d'euros entre 2021 et 2023 pour la protection des ménages, des collectivités et des entreprises. L'année suivante pourtant, un rapport d'information du Sénat pointait quant à lui un coût prévisionnel « estimé à 85 milliards d'euros » sur la même période.
Et ce n'est pas tout. En janvier 2024, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, affirmait depuis la centrale nucléaire de Gravelines que « nous avons tous collectivement dépensé plus de 40 milliards d'euros pour payer la facture de gaz et la facture d'électricité des Français pendant la crise inflationniste ». Deux mois plus tard, rebelote : à son tour, la Cour des comptes chiffrait à 72 milliards d'euros le coût brut des multiples dispositifs de soutien de 2021 à 2024, dont 36 milliards d'euros net.
Enfin, en juillet, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) publiait ses propres chiffres : la limitation de la hausse des prix sur l'électricité et le gaz a coûté 26 milliards d'euros brut (20 milliards d'euros net), a fait savoir l'autorité administrative dans une note. Alors, dans cette ribambelle de chiffres, comment s'y retrouver ?
En réalité, même si ce n'est pas toujours précisé lors des interventions publiques, ces estimations ne concernent pas toutes le même périmètre. Gel des factures de gaz et d'électricité pour les particuliers, remises à la pompe sur le carburant, aides au chauffage collectif, guichet pour les entreprises les plus énergivores, ou encore chèques énergie, fioul et bois... De nombreux dispositifs ont vu le jour pendant la crise, et tous ne sont pas forcément pris en compte dans les calculs affichés.