Climat : à peine ouverte, la COP29 bute déjà sur des dissensions
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Mise à jour : article initialement publié le 11/11/24 à 11h39, mis à jour à 14h05, puis à 16h50 avec la réaction des Etats-Unis.
« Il est temps de montrer que la coopération mondiale n'est pas au point mort. Elle est à la hauteur du moment », a lancé le patron de l'ONU Climat, Simon Stiell, en ouverture de la 29ème conférence climatique de l'ONU, qui se tient à Bakou, sur les bords de la mer Caspienne, sans jamais mentionner le pays dont le nom est ici sur toutes les lèvres: les États-Unis.
L'enjeu principal de cette COP, présentée comme une « COP financement », est de fixer le montant de l'aide climatique des États développés pour les pays en développement les moins responsables du dérèglement climatique mais les plus durement touchés et les moins armés pour y faire face. Alors que les pays développés s'étaient précédemment engagés à mobiliser 100 milliards de dollars en moyenne chaque année entre 2020 et 2025 (montant qui n'a d'ailleurs pas été atteint avant 2022), le nouvel engagement doit, lui, se chiffrer en milliers de milliards annuels, à la demande des pays pauvres. Mais les Occidentaux jugent les ordres de grandeur avancés par les pays du Sud irréaliste pour leurs finances publiques.
Les pays développés ont contracté une « dette climatique » et « nous ne quitterons pas cette COP si le niveau d'ambition sur la finance n'est pas à la hauteur », a lancé la Sud-Africaine Tasneem Essop, directrice exécutive du Climate Action Network (CAN), qui regroupe des milliers d'ONG du monde entier. Le président de la COP29 Moukhtar Babaïev a, lui, évoqué des « centaines de milliards » dans son discours d'ouverture lundi, mais aucun négociateur n'a dévoilé ses cartes.
« La COP29 est un moment de vérité pour l'accord de Paris », a lancé M. Babaïev, ministre azerbaïdjanais de l'écologie, et ancien cadre la compagnie pétrolière nationale, Socar. Or, les Etats-Unis devraient se montrer très prudents lors de cette nouvelle COP. En effet, même si les diplomates à la manœuvre appartiennent à l'administration Biden, il est difficile d'imaginer une annonce de forte hausse de leur contribution financière, condamnée à être désavouée à brève échéance par le nouveau président. Et pour cause, Donald Trump a annoncé à maintes reprises ces dernières années, qu'en cas de réélection, il déciderait de sortir - encore une fois - de l'accord de Paris.
Les Etats-Unis devraient donc, une nouvelle fois, rejoindre l'Iran, le Yémen et la Libye hors de l'accord adopté à Paris en 2015 par les pays du monde entier. Cet accord est le moteur qui a permis d'infléchir la trajectoire de réchauffement mondial depuis dix ans aux alentours de 3°C ou moins d'ici 2100, selon les calculs. Le texte engage le monde à limiter à 2°C le réchauffement et à poursuivre les efforts pour le contenir à 1,5°C, par rapport à la fin du 19e siècle.
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« Même si le gouvernement fédéral américain sous Donald Trump met en pause l'action climatique, le travail pour contenir le changement climatique se poursuivra aux Etats-Unis », a néanmoins déclaré John Podesta, émissaire américain pour le climat, lors d'une conférence de presse.
Par ailleurs, de nombreux grands dirigeants devraient briller par leur absence. Joe Biden, Lula, Xi Jinping, Olaf Scholz, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ainsi qu'Emmanuel Macron ont annoncé ne pas venir à la conférence onusienne pour le climat. En revanche, le Premier ministre britannique Keir Starmer et l'Espagnol Pedro Sanchez seront bien sur place, parmi la centaine d'autres dirigeants qui ont confirmé leur présence.
Pour François Gemenne, politologue et co-auteur dans le 6e rapport du GIEC, il convient de nuancer les chaises vides laissées par tous ces chefs d'Etat : « C'est vrai que leur présence donne du poids politique aux COP. C'est mieux lorsqu'ils sont là. Mais il faut aussi se souvenir que cela n'a pas été tout le temps cas. Leur absence n'empêchera pas les délégations nationales de négocier, voire de trouver un accord. », estimait-il dans une précédente interview.
Enfin, lundi le programme comptait déjà plusieurs heures de retard, faute d'accord pour adopter l'ordre du jour officiel. La raison ? Plusieurs pays, dont la Chine et l'Inde, ne veulent discuter de l'application de l'accord de la COP28 que sous l'angle du développement de la finance climatique. Alors que la COP de Dubaï, l'an dernier, a aussi fixé des objectifs pour lancer la sortie des énergies fossiles.
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Autre pierre d'achoppement : la Chine exige, au nom du Brésil, de l'Inde et de l'Afrique du Sud, d'ajouter le sujet des barrières commerciales unilatérales liées au climat, visant principalement l'Union européenne.
Avec AFP
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