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Climat : le bilan carbone de la COP28 à Dubaï pointé du doigt

latribune.fr

Publié le 28 novembre 2023 à 11:32 - Mis à jour le 28 novembre 2023 à 11:32

La COP28 devrait donc battre tous les records, le transport représentant « 70 à 80% des émissions dans l'événementiel », selon un expert.

La COP28 devrait donc battre tous les records, le transport représentant « 70 à 80% des émissions dans l'événementiel », selon un expert.

© AMR ALFIKY/Reuters

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Les COP attirent chaque année de très nombreuses délégations issues du monde entier. La plupart viennent en avion, et de ce fait, produisent un bilan carbone significatif. Ce que déplorent de nombreuses ONG et observateurs. Quel sera celui de la 28e conférence climat, qui se tient cette année dans l'émirat de Dubaï ? Explications.

C'est un débat qui revient à chaque COP : l'empreinte carbone des délégations venues du monde entier, la plupart en avion. Et l'émirat de Dubaï, qui s'apprête à accueillir la 28e Conférence de l'ONU pour le climat (COP28), ne fait pas exception.

Du côté des organisateurs, on évoque, sans donner beaucoup de détails, la « neutralité » de l'événement, qui se tiendra du 30 novembre au 12 décembre : « S'assurer que la COP28 soit durable et neutre en carbone sera crucial pour son succès », peut-on lire sur le site officiel de l'événement organisé par les Emirats arabes unis.

Mais s'attarder sur le bilan carbone de la COP, qu'il soit neutre ou non, « est une pure distraction », selon Laurent Morel, ingénieur et associé chez Carbone 4, cabinet spécialisé dans le conseil climat. « Ce qui va être intéressant, c'est de voir comment la gouvernance de cette COP va gérer ou pas ses propres contradictions », rappelle-t-il.

L'empreinte carbone des délégations pointée du doigt

A chaque COP, des critiques pointent le nombre de vols empruntés par les délégations, ONG et patrons, et des polémiques émergent sur les jets privés qui amènent certains participants. L'ONU reconnaît dans son document « How to COP » (« Comment organiser une COP ») que médias et ONG pointent « l'ironie apparente des émissions de CO2 générées par les milliers de participants venus en avion du monde entier pour discuter de la réduction mondiale des émissions ».

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Depuis la COP13, en 2007 à Bali, les pays hôtes ont « intégré à leur accueil la compensation des émissions liées aux voyages des participants », précise l'ONU. Grâce à des crédits carbone, outils controversés pour atteindre la « neutralité ». Pour la COP27, en Egypte, les émissions liées aux voyages internationaux de 46.000 participants ont représenté 44.104 tonnes de CO2 sur un total de 62.695 tonnes, selon les organisateurs. Soit de l'ordre d'un millionième des émissions mondiales annuelles.

Le transport en question

A Dubaï, les organisateurs attendent plus de 70.000 personnes dans la « zone bleue », dédiée aux négociations, et son bilan carbone, comme celui des COP précédentes, ne devrait pas inclure les vols des nombreux participants de la « zone verte » adjacente, sorte de grand salon du climat (entreprises, observateurs, militants, etc.).

La COP26 à Glasgow avait établi un record d'empreinte carbone (plus de 130.000 tonnes de CO2 pour 38.000 participants dans la zone bleue) mais son calcul avait un périmètre plus large que les autres. Le rapport de la COP27 recommande d'ailleurs de « revoir et renforcer » les critères pour calculer ce bilan à des fins d'harmonisation.

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La COP28 devrait donc battre tous les records, le transport représentant « 70 à 80% des émissions dans l'événementiel », selon Marc Halgand, responsable sectoriel chez EcoAct, un cabinet de conseil spécialisé.

Il recommande de privilégier la classe économique à la business ou aux jets privés mais « la jauge et la fréquence » sont les éléments clefs pour diminuer les émissions, comme pour tout événement international, que ce soit la COP, les Jeux olympiques ou la Coupe du monde de football. Le rapport de la COP27 recommandait d'ailleurs de réduire le nombre d'accréditations mais d'en allonger la durée. Un conseil visiblement ignoré par les Emirats, qui avaient déjà le record de la plus grosse délégation (1.073 personnes) en Egypte... Les délégations envoyées par les entreprises dans la zone verte pourraient en revanche être facilement limitées, plaide-t-il.

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«Anecdotique»

La COP reste néanmoins un événement  « clef pour tacler le dérèglement climatique », affirme Marc Halgand, soulignant le caractère essentiel de ces négociations par rapport à des salons internationaux organisés par des industries émettrices.

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Mais dans tous les cas, les émissions des COP resteront «anecdotiques» pour Laurent Morel :«Quand on juge de la pertinence de la stratégie de la société TotalEnergies, on n'analyse pas le bilan carbone de sa tour de bureaux à la Défense».

Si elles ne sont pas sobres en carbone, les décisions prises dans les COP ont un réel impact sur la baisse mondiale des émissions : selon le cabinet Energy & Climate Intelligence Unit : les annonces faites à la COP26 en 2021, si elles étaient effectivement mises en place, conduiraient à une réduction d'émissions de gaz à effet de serre équivalente à 72.000 fois le bilan carbone de cette COP.

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Joe Biden, grand absent de la COP28

Dimanche dernier, un responsable américain a confirmé que le président américain Joe Biden ne prévoyait pas d'assister à la COP28. Selon la même source, qui a requis l'anonymat, Washington réfléchit encore à la possibilité d'envoyer un responsable de haut niveau à Dubaï. C'est John Kerry, l'émissaire américain pour le climat, par ailleurs ex-secrétaire d'État et ancien sénateur, qui mènera les négociations pour les États-Unis.

Cette source de haut niveau n'a pas communiqué le motif de la décision du président des États-Unis, dont l'attention est portée depuis le mois dernier sur la guerre entre Israël et le Hamas. En outre, le président américain cherche à mettre en avant ses projets sur le plan intérieur, moins d'un an avant l'élection présidentielle.

Au programme du président américain pour ces prochains jours ? Une visite dans le Colorado pour promouvoir les investissements américains dans l'énergie éolienne, une rencontre avec le président de l'Angola, ainsi que l'illumination de l'arbre national de Noël.

(Avec AFP)

latribune.fr

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