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ClimatEnergie & Environnement

Climat: pointé du doigt pour son impact environnemental, Shell ajoute de nouveaux objectifs à sa feuille de route

latribune.fr

Publié le 14 mars 2024 à 11:04 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:56

Shell veut aussi désormais réduire les émissions générées par l'utilisation de ses produits pétroliers par ses clients (émissions dites de scope 3) de 15 à 20% d'ici 2030, comparé à 2021.

Shell veut aussi désormais réduire les émissions générées par l'utilisation de ses produits pétroliers par ses clients (émissions dites de scope 3) de 15 à 20% d'ici 2030, comparé à 2021.

MAY JAMES

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le géant britannique du pétrole et gaz a indiqué ce jeudi qu'il maintient sa stratégie climatique présenté en 2021. Shell y a même ajouté de nouveaux objectifs. Il faut dire que le groupe est depuis plusieurs mois mis sous pression sur le sujet de son impact environnemental.

Atteindre la neutralité carbone en 2050 n'est pas un objectif nouveau pour Shell. Le géant britannique du pétrole et du gaz l'avait, en effet, déjà présenté en février 2021 dans sa stratégie « Powering Progress ». Et le groupe compte bien s'y tenir... et même y ajouter de nouvelles mesures à atteindre, comme il l'a indiqué dans une mise à jour de cette feuille de route dédiée à sa transition énergétique et publiée ce jeudi.

Concrètement, Shell veut toujours diviser par deux les émissions polluantes générées par ses propres opérations (activités dites de "Scope" ou périmètre 1 et 2) d'ici 2030, comparé à 2016. Ce qu'il aurait d'ailleurs déjà atteint à 60% à fin 2023, selon son communiqué. Le groupe veut aussi désormais réduire les émissions générées par l'utilisation de ses produits pétroliers par ses clients (émissions dites de scope 3) de 15 à 20% d'ici 2030, comparé à 2021.

En revanche, Shell veut désormais réduire de 15 à 20% « l'intensité carbone nette (ratio des émissions sur les volumes, ndlr) des produits énergétiques vendus d'ici 2030, comparé à 2016 », soit un objectif assoupli par rapport à la cible précédente d'une diminution de 20%. Un changement attribué à « une moindre croissance des ventes d'électricité » qu'anticipé, car le groupe veut se focaliser sur « la valeur et non le volume » dans la génération électrique, affirme-t-il.

Plus d'énergie bas carbone, moins d'émissions de méthane

Shell confirme par ailleurs son plan d'investir 10 à 15 milliards de dollars entre 2023 et fin 2025 dans des systèmes d'énergie à bas carbone. Le groupe revendique une « transition équilibrée et ordonnée hors des carburants fossiles pour maintenir un approvisionnement en énergie sûr et abordable », d'après son texte.

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Concernant le méthane, deuxième plus important gaz à effet de serre lié à l'activité humaine après le dioxyde de carbone, Shell se dit leader dans « la réduction des émissions », indiquant les avoir baissées de 70% depuis 2016. Il affirme être l'une des premières entreprises à « avoir fixé une cible de réduction des émissions d'ici 2030 », prévoyant d'atteindre un niveau « proche de zéro ».

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Ce n'est toutefois pas le seul géant du pétrole et du gaz engagé sur ce sujet. Avec onze de ses homologues, il fait en effet partie de la « Oil and gas climate initiative » (OGCI), qui vise zéro émission de leurs actifs d'ici 2030.

Des promesses d'autant plus que cruciales quand on sait l'impact néfaste des émissions de méthane sur le dérèglement climatique. Leur effet de réchauffement est 28 fois plus important que celui du CO2 sur un horizon de 100 ans (et 80 fois sur 20 ans). Or, les émissions mondiales de méthane de l'industrie fossile sont restées à des niveaux record en 2023, loin des 75% de réduction nécessaires d'ici 2030 pour tenir la limite de 1,5°C de réchauffement fixée par l'accord de Paris. Ce, « sans raison », d'après l'Agence internationale de l'énergie, car des solutions existent et sont abordables pour les réduire, notamment la réparation des fuites.

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De quoi calmer les tensions ?

La mise à jour de cette stratégie intervient alors que Shell est, depuis plusieurs mois, mis sous pression sur le sujet du climat. En mai 2023, de nombreux doutes ont été exprimés sur sa transition énergétique à l'occasion de son assemblée générale annuelle, notamment par le fonds de pension de l'église anglicane. Malgré un début de séance chaotique, le groupe avait néanmoins réussi à obtenir le soutien d'une grande majorité de ses actionnaires. Quelques jours plus tard, il avait été vivement critiqué par les organisations écologistes pour avoir indiqué qu'il ne réduirait plus sa production de pétrole d'ici 2030.

L'assemblée générale de cette année 2024, dont la date n'est pas encore connue, s'annonce d'ailleurs déjà mouvementée. 27 investisseurs ont annoncé en janvier dernier déposer une résolution dans le but de contraindre Shell, lors de ce rendez-vous, d'aller plus loin sur ses engagements en faveur du climat. Une initiative menée par l'organisation d'actionnaires activistes Follow This. Le collectif souhaite que le groupe « aligne ses objectifs de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, y compris celles liées à l'utilisation de ses produits (Scope 3), à moyen terme avec l'objectif de l'Accord de Paris ». Dans un communiqué, FollowThis regrettait qu' « en 2023, Shell n'a pas amélioré ses objectifs climatiques et le nouveau directeur général semble faire marche arrière en matière d'action climatique ». L'organisation a réagi ce jeudi à la mise à jour de la stratégie de Shell en regrettant que le groupe « rétro-pédale sur ses objectifs climatiques ».

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Les géants des énergies dans le viseur, mais pas que

La stratégie climatique du géant britannique n'est toutefois pas la seule dans le viseur des écologistes. Mi-février, par exemple, un procès s'est ouvert en Italie opposant le géant italien de l'énergie Eni, contrôlé par l'État, à des ONG de défense de l'environnement, qui espèrent obliger l'entreprise à réduire fortement ses émissions. C'est le premier du genre à avoir été intenté contre une entreprise privée dans ce pays.

Ce n'est toutefois qu'un exemple parmi tant d'autres car ce procès fait suite à une série d'actions en justice liées au climat dans le monde entier contre des entreprises du secteur des énergies, et plus globalement de tous les domaines, mais aussi des gouvernements. Le nombre d'affaires judiciaires a ainsi doublé entre 2017 et 2022, selon l'ONU-Environnement et les chercheurs du Sabin Center for Climate Change Law de l'université de Columbia. En septembre 2023, la base de données du Sabin Center a répertorié plus de 2.500 affaires dans le monde, dont plus de 1.600 aux États-Unis. Toutefois, depuis un an, la hausse du nombre d'affaires est peut-être en train de ralentir, selon le dernier rapport du Grantham Research Institute on Climate Change de Londres, même s'il est trop tôt pour y voir une tendance.

(Avec AFP)

latribune.fr

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