LA TRIBUNE. On commence la deuxième semaine de la COP29, quel est votre premier sentiment ?
BERTRAND PICCARD. A la fin de la première semaine, on a souvent l'impression que tout est bloqué. Mais en général, les choses commencent à bouger au bout de la deuxième semaine parce que les participants ont la pression pour arriver à un résultat. Par ailleurs, on voit bien que les négociations continuent d'achopper sur cette question centrale : qui va aider qui pour s'adapter au dérèglement climatique ?
Les pays en voie développement, qui sont les plus impactés par ses effets, demandent aux pays riches, responsables historiques du changement du climat, de contribuer davantage. Et ces derniers demandent de leurs côtés aux pays émergents, devenus très riches en quelques décennies, comme la Chine ou les pays du Golfe, de mettre la main au porte-monnaie. Tout ceci crée une vraie tension, il est vrai.
Comment débloquer la situation ?
Si on prend un peu de recul, on se rend compte qu'il y a de l'argent. Pour le débloquer plus rapidement, il faut sortir d'une logique « bourreau-victime », et aller vers un partenariat entre régions du globe. Lorsqu'on regarde bien, de nombreuses mesures à prendre en matière d'atténuation des émissions de CO2 sont économiquement rentables. Tout particulièrement les énergies renouvelables, qui sont la clé de cette transition et deviennent moins onéreuses que les énergies fossiles. Faire des économies d'énergie est aussi intéressant financièrement. On ne le dit pas assez, et cette année à la COP29, je constate qu'on en parle davantage.