Crit'Air 3 : ce qui attend les automobilistes avec les restrictions de circulation
latribune.fr
Les métropoles de Paris et Lyon sont aujourd'hui contraintes de restreindre la circulation des véhicules Crit'Air 3, dès le 1er janvier, en raison de la mauvaise qualité de leur air.
Les métropoles du Grand Paris, de Lyon, de Montpellier et de Grenoble limitent, à partir du 1er janvier, la circulation des véhicules dotés d'une vignette Crit'Air 3. De nombreuses dérogations ont été mises en place pour amortir les effets de ces restrictions.
Les propriétaires de voitures jugées polluantes vont rencontrer de sérieuses difficultés à circuler dans les grandes villes. A compter du mercredi 1er janvier, les métropoles de Paris et Lyon vont restreindre la circulation des véhicules Crit'Air 3, en raison de la mauvaise qualité de leur air. Montpellier et Grenoble, quant à elles, adoptent ces restrictions dès janvier 2025, bien que leur qualité de l'air ne les y oblige pas encore.
Ces restrictions s'inscrivent dans le cadre des Zones à faibles émissions (ZFE), instaurées par la Loi d'orientation des mobilités de 2019, puis renforcées par la Loi Climat de 2021. Objectif : améliorer la qualité de l'air en encourageant l'achat de véhicules hybrides ou électriques, ainsi que l'usage des transports en commun ou des modes de déplacement « doux ».
Des périodes de tolérance
Dans le Grand Paris, environ 422.000 véhicules particuliers et 59.000 professionnels sont concernés, selon une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) de 2023. Cependant, une période de tolérance d'un an est prévue : les véhicules Crit'Air 3 ne feront l'objet d'aucune amende avant janvier 2026, lorsque les radars adaptés seront déployés. De nombreuses dérogations ont été mises en place pour amortir les effets de ces restrictions : personnes en situation de handicap, travailleurs en horaires décalés, ou encore aides à l'achat de véhicules moins polluants. Les critiques dénoncent une mesure pénalisante pour les ménages modestes.
« Imaginez que vous souhaitiez vous rendre chez le médecin, mais que vous n'ayez pas eu les moyens de changer de véhicule. Nous ne pouvons pas geler entièrement la circulation immédiatement », a déclaré Patrick Ollier, président (LR) de la métropole du Grand Paris, qui appelle à reprendre rapidement les négociations avec l'État.
« Si on fait beaucoup d'exceptions, c'est que la cote est mal taillée,a souligné à l'AFP Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Paris Ile-de-France.Il n'y avait pas urgence à prendre ces mesures-là, et on est dans une période de difficulté pour les entreprises. »
Douze villes déjà équipées
À ce jour, douze agglomérations françaises ont mis en place des ZFE, parmi lesquelles Aix-Marseille-Provence, Nice, Toulouse, Strasbourg, Reims, Rouen, Saint-Étienne et Clermont-Ferrand. Ces zones interdisent totalement la circulation des véhicules non classés (immatriculés avant 1997, sauf voitures de collection) et des véhicules utilitaires légers non classés (immatriculés avant septembre 1997). Certaines villes, comme Marseille ou Strasbourg, prévoient également des restrictions horaires ou totales pour les véhicules Crit'Air 4 et 5.
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Initialement, Paris, Lyon, Marseille et Strasbourg devaient étendre les interdictions aux véhicules Crit'Air 3 en 2025. Toutefois, le ministère de la Transition écologique a indiqué en mars 2024 que seules Paris et Lyon seraient concernées, en raison de l'amélioration de la qualité de l'air dans les autres villes. Pia Imbs, présidente de l'Eurométropole de Strasbourg, a salué les progrès réalisés grâce aux alternatives proposées, comme le Réseau express métropolitain (surnommé « RER strasbourgeois ») ou les extensions de lignes de tramway. « Les aides et accompagnements en mobilité alternative ont montré leur efficacité. Nous avons eu raison d'investir massivement pour offrir des solutions adaptées », a-t-elle souligné.