Une nouvelle pièce dans la machine. Il y a quelques jours, la Cour des comptes a fustigé le fonctionnement des certificats d'économies d'énergie (CEE), cet outil phare de la politique d'efficacité énergétique de la France. Une étude de Colombus Consulting vient enfoncer le clou : les objectifs fixés par l'Etat en la matière sont « hors d'atteinte » au regard des moyens injectés, affirme le cabinet de conseil dans un rapport publié ce mardi.
En effet, même le scénario le plus bas, mis en consultation par les pouvoirs publics, reviendrait à doubler en seulement 5 ans le volume total de CEE demandé jusqu'ici, ce qui paraît « peu réaliste », peut-on lire. Quant à la trajectoire la plus haute, elle dépasserait de 51% la totalité du gisement technique disponible actuellement « et ne peut donc pas en l'état être considéré comme viable ».
Et ce n'est pas tout : de telles cibles augmenteraient fortement la facture d'énergie des ménages, de 450 euros par an pour le premier scénario, et jusqu'à à 912 euros par an pour le deuxième, souligne l'analyse, financée par l'Union française de l'électricité (le lobby du secteur) et commandée par les fédérations représentant les principaux fournisseurs d'énergie. Et ce, parce que ces derniers répercutent le coût du CEE dans leurs prix de vente - ce qui représente déjà aujourd'hui une charge de 164 euros par an et par ménage, soit une hausse de la facture de 4%.