Mardi 10 décembre, le colloque organisé par l'Union française de l'énergie (UFE) a été le théâtre d'une scène pour le moins étonnante. Invité à une table ronde intitulée « Electricité, moteur de notre quotidien », Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, s'est dit favorable à la prolongation « pour deux ou trois ans » de l'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh), un acronyme barbare qui désigne un mécanisme de régulation des prix de l'électricité. Objectif : « Donner de la visibilité (...) et rassurer tout le monde ».
En face, Luc Rémont, le PDG d'EDF, dont le capital est pourtant détenu à 100% par l'Etat, a, une énième fois, écarté toute nouvelle régulation des prix. Selon lui, une telle prolongation amènerait EDF à « arrêter les investissements » ce qui ferait baisser les volumes « d'électricité à terme ».
Comment expliquer qu'un acteur privé défende un mécanisme de régulation et, qu'au contraire, une entreprise publique la rejette ? « En réalité, Patrick Pouyanné n'est pas stricto sensu favorable à un mécanisme de régulation, mais il considère que sa prolongation, avec des aménagements, serait un moindre mal compte tenu du flou actuel », nuance Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting, relevant que ce n'est pas la première fois que le PDG de TotalEnergies tient cette position.