La facture d'électricité des particuliers n'augmentera pas de plus de 10% en 2024, ne cessait de marteler le gouvernement fin 2023 pour rassurer les Français, toujours confrontés à un contexte inflationniste. Bruno Le Maire l'a confirmé hier au journal de 20 heures de TF1, à une petite nuance près. « Pour 97% des ménages français, l'augmentation sera sous les 10% comme je m'y étais engagé », a annoncé le patron de Bercy, dont le portefeuille a été élargi au périmètre de l'énergie lors du dernier remaniement. Cette précision n'est pas anodine... Et pour cause, quelque 400.000 abonnés particuliers ayant souscrit à l'offre Effacement jour de pointe (EJP) d'EDF, devraient, eux, constater une hausse de 10,1% sur leur facture mensuelle d'électricité.
Certes, ces 400.000 abonnés représentent une goutte d'eau (moins de 2%) parmi les plus de 21,4 millions de ménages ayant souscrit à une offre aux tarifs réglementés de ventes (TRV). Le surplus de hausse n'est, lui, que de 0,1 point par rapport au plafond sur lequel le gouvernement s'était engagé. Reste que, symboliquement, cette hausse plus appuyée envoie un mauvais signal pour la transition énergétique, dont les enjeux nécessiteraient, au contraire, de mettre en place des incitations fiscales encourageant les consommateurs à souscrire à des offres tarifaires dynamiques.
En effet, l'offre EJP permet aux clients concernés de bénéficier d'un tarif plus avantageux 343 jours par an. En échange, pendant 22 jours dans l'année, étalés du 1er novembre au 31 mars, le tarif du mégawattheure est significativement plus élevé que le tarif réglementé de vente (TRV). Le but : inciter ces abonnés à moins consommer lorsque le système électrique est particulièrement tendu, notamment les jours de grand froid où la consommation électrique est très importante, en raison des besoins de chauffage, tandis que la production à partir des énergies renouvelables est plus faible en raison d'un moindre ensoleillement et d'une absence de vent.