Energie : le Japon mise tout sur les renouvelables (ou presque)
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Le Japon prévoit que les énergies renouvelables couvrent 40% à 50% de sa production énergétique d’ici 2040.
Regis Duvignau
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Le Japon prévoit que les énergies renouvelables couvrent 40% à 50% de sa production énergétique d’ici 2040.
Regis Duvignau
[Article publié le mardi 17 décembre 2024 à 9h57, mis à jour à 11h15] Afin d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050, le Japon veut miser encore plus sur le développement des énergies renouvelables. Le pays prévoit désormais qu'elles couvrent 40% à 50% de sa production énergétique d'ici 2040, selon la version préliminaire de son nouveau plan énergétique stratégique dévoilé ce mardi 17 décembre, par l'agence des ressources naturelles et de l'énergie. Soit plus que son précédent objectif, fixé à 38% pour 2030. Le bond devra même être colossal comparé au 23% assuré l'an dernier.
Le pays vise toutefois un mix énergétique ne dépendant pas seulement d'une seule source. Et ce, afin « d'assurer à la fois un approvisionnement stable en énergie et la décarbonisation », justitient les auteurs de ce le plan. Sachant que l'exécutif nippon prévoit une augmentation de 10% à 20% de la production d'électricité du pays d'ici à 2040, en comparaison avec 2023. Le texte doit désormais être examiné par des experts avant d'être soumis à l'approbation du gouvernement.
Ainsi, le thermique conservera une place décisive dans la production d'énergie. En 2023, ces centrales ont assuré près de 70% de ses besoins en électricité. Le gouvernement souhaite que cette proportion tombe à 30% ou 40% d'ici 2040 - le précédent objectif tablait sur 41% pour 2030.
En parallèle, l'énergie nucléaire va retrouver une place de choix. Car le projet de plan n'inclut plus l'intention du pays de réduire « autant que possible » sa dépendance à l'atome. Pour rappel, cet objectif avait été fixé après la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima en 2011. Pour rappel, un tsunami, déclenché par le plus grand tremblement de terre jamais enregistré dans l'archipel, avait submergé l'installation. Le gouvernement avait par la suite fermé toutes les centrales nucléaires du pays. Avant de les remettre progressivement en service pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, en dépit de levées de boucliers dans certaines régions.
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L'exécutif japonais prévoit désormais que tous les réacteurs nucléaires actuellement existants soient encore en service d'ici 2040. Et éventuellement aussi de nouveaux. L'atome représenterait ainsi environ 20% des besoins énergétiques du Japon - un niveau similaire à l'objectif précédemment fixé pour 2030. Soit plus du double comparé au 8,5% assuré en 2023. Cela resterait néanmoins inférieur aux quelques 30% d'avant l'accident de Fukushima.
Sur les 54 réacteurs nucléaires arrêtés il y a 13 ans suite à la catastrophe, 33 sont encore opérationnels aujourd'hui. Et 12 ont été remis en marche.
L'ONG Greenpeace a salué « un pas dans la bonne direction », après la présentation de ce nouveau plan. Mais a regretté que le Japon fasse « trop peu et trop tard ». En tant que membre du G7, le pays s'est engagé à décarboniser la majorité de son secteur électrique d'ici 2035 et « de toute évidence, son projet n'est pas à la hauteur », a déploré Hirotaka Koike, un responsable de l'organisation pour le Japon, dans une déclaration transmise à l'AFP.
Le chemin vers une production énergétique moins génératrice d'émissions ne sera en effet pas aisé pour le Japon. D'après le groupe de réflexion E3G, le pays se classe actuellement en dernière position - et de loin - parmi ceux industrialisés du G7 en ce qui concerne la décarbonisation de leurs systèmes électriques. Et un rapport du groupe Climate Action Tracker, datant du début d'année, avait jugé sa politique de décarbonation de sa production électrique mauvaise à tous les niveaux.
Dans ce contexte, seize jeunes Japonais ont porté plainte en août contre dix exploitants de centrales électriques brûlant des combustibles fossiles. Car, d'une part, les émissions de ces installations sont incompatibles avec les engagements climatiques du Japon, selon leurs avocats. Et, d'autre part, leurs objectifs de réduction des émissions déterminés pour 2030 sont « extrêmement inadéquats » et reposent sur des « technologies non éprouvées techniquement », avaient précisé les robes noires.
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Cette plainte est l'un des derniers exemples en date de militants utilisant les tribunaux pour faire pression face au changement climatique. Des précédents se sont d'ailleurs soldés positivement pour les plaignants. En août de cette année, en Corée du Sud, la Cour constitutionnelle, saisie par de jeunes militants écologistes, a statué que la plupart des objectifs climatiques du pays étaient inconstitutionnels. Et en avril, la Cour européenne des droits de l'homme a jugé que la Suisse n'en faisait pas assez pour lutter contre le changement climatique, après une plainte déposée par un groupe de 2.500 femmes âgées en moyenne de 73 ans. De quoi nourrir d'autres actions à l'avenir.
(Avec AFP)
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