L’énergéticien soupçonne son concurrent sud-coréen Korea Hydro & Nuclear Power d’avoir bénéficié d’une aide d’Etat dans le cadre de l’appel d’offres portant sur la construction de deux réacteurs nucléaires de grande puissance en République tchèque.La saga du nucléaire tchèque est loin d'être finie pour EDF. Alors que le 17 juillet dernier, l'énergéticien tricolore échouait, dans la toute dernière ligne droite, face à son concurrent sud-coréen KHNP pour la construction de deux nouvelles tranches nucléaires, le groupe espère toujours changer l'issue de cette compétition.
Après avoir déposé un recours en justice auprès de l'autorité de la concurrence tchèque, EDF a également saisi la Commission européenne, a fait savoir ce vendredi Luc Rémont, son PDG, à l'occasion de la présentation des résultats annuels du groupe. « Je pense que nous aurions gagné en République tchèque si nos concurrents respectaient les règles européennes », a-t-il lâché.
EDF conteste une aide d'Etat
Fort de ces soupçons, EDF a discrètement saisi le Foreign subsidies regulation (FSR) de la Commission européenne, le 23 septembre dernier, pour contester une aide d'État dont aurait pu bénéficier l'entreprise sud-coréenne. Ce règlement permet à Bruxelles d'enquêter sur des subventions octroyées par des pays non-membres de l'Union européenne (UE) à des entreprises actives dans l'UE et de lutter contre leurs effets négatifs sur le marché unique. En raison du contentieux en cours, Luc Rémont s'est refusé à « livrer publiquement les éléments fondamentaux », qui amènent le groupe à considérer que son « concurrent n'a pas respecté les règles européennes ». « Mais ce sont des éléments qui sont nourris », a précisé le PDG d'EDF.
En parallèle de ce recours à Bruxelles, l'énergéticien a engagé, le 26 août dernier, une action auprès du bureau tchèque pour la concurrence (UOHS). Mais la plainte d'EDF, déposée conjointement avec l'américain Westinghouse, a été rejetée en octobre. Là encore, le groupe tricolore n'entend pas jeter l'éponge et a fait appel de cette décision. Pour mémoire, le groupe américain reproche à son concurrent coréen l'utilisation de ses technologies sans autorisation, tandis qu'EDF souhaite s'assurer que le processus de sélection était bien équitable et transparent.