EPR de Flamanville : à peine lancé... tout de suite arrêté
Juliette Raynal
« Ce n'est pas une surprise. Les arrêts automatiques sont assez courants », a notamment précisé ce matin un porte-parole d'EDF auprès de notre journal.
Juliette Raynal pour La Tribune
Le premier EPR tricolore s'est arrêté automatiquement mercredi matin, a indiqué EDF. Selon l'électricien, cela pourrait être lié à un mauvais réglage, mais le diagnostic est toujours en cours.
Les rebondissements autour du réacteur normand n'en finissent pas. Tard dans la soirée de mercredi, une porte-parole d'EDF a indiqué à l'AFP que l'EPR de Flamanville s'était arrêté automatiquement, un jour après son démarrage.
« Le diagnostic est toujours en cours. Les équipes continuent les contrôles et les analyses pour relancer la divergence », a précisé à La Tribune un autre porte-parole du groupe, confirmant ces informations. « Le démarrage est un processus long et complexe qui nécessite de nombreux essais, de tests, et ça peut entraîner des arrêts de ce type », explique EDF
« Une mise en configuration inappropriée de l'installation »
« Selon les premiers éléments du diagnostic technique, l'arrêt pourrait être lié à une mise en configuration inappropriée de l'installation », a précisé ce porte-parole d'EDF auprès de notre rédaction. Autrement dit : à un mauvais réglage, et non à une pièce défectueuse.
« Ce n'est pas une surprise. Les arrêts automatiques sont assez courants. On en observe entre dix et vingt chaque année sur le parc français [composé de 56 autres réacteurs, ndlr] », a-t-il ajouté. L'arrêt automatique est présenté comme « une barrière de sécurité ». Il n'est pas propre au processus de divergence. « Lorsque le réacteur rencontre un aléa, il s'arrête tout seul », explique-t-on chez EDF.
Selon Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting, cité par l'AFP, « il faut s'attendre à ce type d'aléas. C'est un démarrage de procédé industriel très complexe et c'est donc courant de rencontrer des aléas. » L'expert souligne aussi que « sur l'EPR Finlandais, il y avait eu plusieurs déconvenues, notamment avec des pompes hydrauliques qui étaient défectueuses et qui ont dû être remplacées ».
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« Cela ne remet pas en cause le démarrage. Il faut juste être patient », relève-t-il. De son côté, EDF affirme qu' « à chaque démarrage de tête de série d'une nouvelle technologie, il y en a eu [des arrêts automatiques, ndlr] ».
Après un chantier souvent qualifié de maudit - long de 17 ans, contre les cinq ans initialement prévus - le réacteur de 1.600 mégawatts (MW) de puissance avait connu sa première divergence mardi 3 septembre, peu avant 16 heures. Le feu vert avait été donné par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 2 septembre. La divergence correspond à la première réaction nucléaire d'un réacteur atomique. C'est à partir de ce moment-là que la tranche commence à produire de la chaleur et de la vapeur.
La production électrique attendue qu'à la fin de l'automne
La production électrique, elle, n'intervient qu'au stade où le réacteur atteint 25% de sa puissance nominale. C'est à ce moment-là aussi que le réacteur est raccordé au réseau électrique. Cette étape n'est prévue que d'ici à la fin de l'automne, soit un peu avant Noël, alors qu'elle était initialement attendue avant le 21 septembre.
Pour rappel, le démarrage de cet EPR, situé dans le département de la Manche, accuse aujourd'hui 12 ans de retard sur le planning initial en raison de nombreux déboires et aléas techniques. Ce qui a fait exploser la facture : elle est désormais estimée à 13,2 milliards d'euros par EDF, soit quatre fois le devis initial de 3,3 milliards.