EPR de Flamanville : le réacteur a enfin connu sa première réaction nucléaire
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Le démarrage de l'EPR de Flamanville accuse aujourd'hui 12 ans de retard sur le planning initial en raison de nombreux déboires et aléas techniques.
Reuters
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Le démarrage de l'EPR de Flamanville accuse aujourd'hui 12 ans de retard sur le planning initial en raison de nombreux déboires et aléas techniques.
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Le 3 septembre fera sans doute partie des dates clés de l'histoire de l'EPR de Flamanville. À 15h54 précisément, le réacteur a connu sa « première réaction nucléaire ». Dans le jargon, cette étape s'appelle la « divergence ». L'électricien avait reçu ce lundi le feu vert de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour la lancer, quatre mois après le chargement des barres d'uranium dans le cœur du réacteur.
Cela « marque le début de montée en puissance du réacteur EPR de Flamanville, par paliers successifs », a annoncé EDF. Il frémit pour l'instant à 0,2% de sa puissance nominale et doit encore atteindre les 25% de puissance pour être connecté au réseau électrique et - enfin - produire de l'électricité. L'électricien espérait atteindre cette étape d'ici la fin de l'été, donc au plus tard le 21 septembre, mais il estime désormais que ces conditions devraient être atteintes « d'ici la fin de l'automne ». Soit un nouvel écart de calendrier.
Pour rappel, le démarrage de cet EPR situé dans le département de la Manche accuse aujourd'hui 12 ans de retard sur le planning initial en raison de nombreux déboires et aléas techniques. Ce qui a fait exploser la facture : elle est désormais estimée à 13,2 milliards d'euros par EDF, soit quatre fois le devis initial de 3,3 milliards. Elle pourrait même être bien plus puisque, en 2020, la Cour des comptes l'a évaluée à 19 milliards, en comptant notamment les « surcoûts de financement ».
À la suite de cette première réaction nucléaire obtenue, les équipes d'EDF vont démarrer « tout un programme d'essai » pour faire monter en puissance le réacteur. « Ce sont plus de 1.500 critères de sûreté qui sont testés durant le démarrage de Flamanville 3 », a précisé le géant électricien. Le travail est donc « loin d'être terminé ».
EDF va pour cela « réaliser une montée progressive, palier par palier en puissance pendant plusieurs mois », comme l'a expliqué lundi Régis Clément, directeur adjoint de la division production nucléaire d'EDF. Mais compte tenu du nouveau retard pour le démarrage de la production d'électricité, EDF, qui avait donné rendez-vous à la fin de l'année pour obtenir la pleine puissance du réacteur à 100%, n'a cette fois pas communiqué de nouvelle échéance et a seulement indiqué que cela prendrait « plusieurs mois ».
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Le réacteur, 57e unité nucléaire du pays et la plus puissante avec ses 1.600 mégawatts, fonctionnera ensuite pendant un cycle d'environ dix-huit mois. Puis une visite complète de maintenance aura lieu en 2026, ainsi que le remplacement du couvercle de la cuve, en raison d'anomalies connues de longue date.
Si le point final du chantier-fleuve de l'EPR de Flamanville n'est donc pas pour tout de suite, la réalisation de la première fission nucléaire est en tout cas présentée par certains comme historique. Comme l'a rappelé l'historien du nucléaire Michaël Mangeon sur le réseau X mardi, cela faisait près d'un quart de siècle que la France, pays qui compte le plus de centrales nucléaires par habitant, n'avait pas fait démarrer un nouveau réacteur. Précisément « 24 ans, 9 mois et 6 jours », depuis le 27 novembre 1999 et le réacteur nucléaire 2 de Civaux dans la Vienne.
En outre, le démarrage intervient 20 ans après le premier feu vert officiel pour ce projet. La décision date donc de bien avant la présidence d'Emmanuel Macron, qui a d'ailleurs salué sur X le franchissement de cette étape cruciale pour le réacteur qu'il a qualifié de « symbole de notre reconquête nucléaire et de notre souveraineté ». Et d'ajouter : « L'objectif : allier énergie nucléaire et énergies renouvelables pour atteindre nos objectifs climatiques et réduire le coût de l'électricité ».
Un engouement autour de la divergence que l'ONG anti-nucléaire Greenpeace a relativisé ce mardi. « EDF fait de la divergence un événement sensationnaliste pour semer la confusion auprès du grand public, alors qu'on est loin d'un démarrage industriel effectif », a déclaré Yannick Rousselet, consultant en sûreté nucléaire pour Greenpeace France, dénonçant « un faux démarrage ou plutôt un démarrage politique ».
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L'EPR de Flamanville n'est en tout cas pas une fin en soi. Emmanuel Macron s'est fixé l'ambition de relancer l'atome lors de son discours de Belfort en 2022. Et compte pour cela sur la construction de six futurs réacteurs EPR2 - voire quatorze - dont la mise en service de la première paire a été annoncée à l'horizon 2035. Si tout va bien.
(Avec AFP)
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