GNL : le monde aura besoin de gaz pendant « très longtemps », selon les géants des hydrocarbures
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Le GNL est acheminé par navires.
Reuters
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Le GNL est acheminé par navires.
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Alors que les experts du climat multiplient les appels pour sortir des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz), dont les émissions causent le réchauffement climatique, les producteurs s'affichent sereins sur l'avenir du gaz naturel liquéfié (GNL). « Je ne suis pas inquiet, je pense qu'il y a une place, une place claire pour le gaz dans la transition » énergétique, a déclaré Patrick Pouyanné. Le PDG du géant français TotalEnergies s'exprimait à l'occasion du Forum économique du Qatar, qui se tient à Doha jusqu'à jeudi.
Un avis partagé par l'homme d'affaires français. « Les choses ne vont pas se passer en une nuit comme certains en rêvent, parce qu'encore une fois, certains fondamentaux sont que la population augmente, la demande d'énergie augmente », a appuyé Patrick Pouyané.
Les dirigeants ont en outre été interrogés sur le risque d'un surplus de production de GNL, ce gaz liquide acheminé par navires. « Nous aurons d'ici 2027-2030 une offre assez importante », avec la mise en service de nombreux projets de GNL dans le monde, reconnaît Patrick Pouyanné. Reste que cela permettra, selon lui, de faire « baisser les prix » et d'attirer de « nouveaux clients », citant l'Inde, qui cherche à réduire sa dépendance au charbon.
L'Europe s'est, elle, largement tourné vers cette source d'énergie depuis la décision de la Russie de couper ses approvisionnements gaziers terrestres, après le début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Pour autant, ces deux dernières années, si le continent a importé en premier lieu du GNL américain (pour 75,15 milliards d'euros), la Russie arrive encore en deuxième place (23,84 milliards d'euros), talonnée par le Qatar (23,80 milliards d'euros). Au total, en valeur, les ventes de GNL à l'Europe pour 2022 et 2023 se sont élevées à plus de 170 milliards d'euros.
Les pays européens ne sont d'ailleurs pas les seuls à convoiter ce gaz. « Des milliards de personnes sur la planète méritent une vie meilleure et auront besoin de sources d'énergie abordables, disponibles et fiables », a plaidé le patron du géant américain du pétrole ExxonMobil, Darren Woods, en soutien du gaz. Pour lui, la priorité est d'abord de « réduire les émissions » produites par l'industrie pétro-gazière.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Preuve que la fin du GNL n'est pas pour tout de suite, le Qatar prévoit de conclure cette année de nouveaux contrats de fourniture à long terme pour répondre à la forte demande mondiale, a affirmé Saad al-Kaabi ce mercredi. L'année dernière, QatarEnergy a signé des contrats portant sur 25 millions de tonnes de GNL avec TotalEnergies, le britannique Shell, l'indien Petronet, le chinois Sinopec et l'italien Eni. Et compte « en signer d'autres cette année », a déclaré le ministre.
Pour assurer ces contrats, le Qatar va augmenter sa production de gaz grâce à une nouvelle expansion du champ offshore North Field, le plus grand gisement de gaz naturel au monde qu'il partage avec l'Iran. Sa capacité sera portée à 142 millions de tonnes par an d'ici 2030, ce qui représente une augmentation de près de 85% par rapport aux niveaux de production actuels. Selon Saad al-Kaabi, le pays pourrait même aller plus loin. « La capacité technique du Qatar à en faire plus sera évaluée à l'avenir et s'il y en a plus, nous en ferons probablement plus », a-t-il indiqué.
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Le Qatar est l'un des plus grands producteurs de GNL au monde avec les États-Unis et l'Australie. Les pays asiatiques, notamment la Chine, le Japon et la Corée du Sud, figurent parmi ses principaux clients, mais l'émirat est de plus en plus courtisé par les pays européens.
(Avec AFP)
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