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ClimatEnergie & Environnement

Google voit ses émissions carbone exploser à cause de l'IA

latribune.fr

Publié le 03 juillet 2024 à 07:53 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:48

Le logo google au salon annuel de l'electronique grand public, a las vegas

Le logo google au salon annuel de l'electronique grand public, a las vegas

Steve Marcus

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Les émissions carbone de Google ont augmenté de 48% en 2023 par rapport à 2019, selon son rapport environnemental annuel. Le géant américain l'explique par l'explosion des besoins en intelligence artificielle (IA), et donc en puissance informatique, et prévient que cela compromet ses efforts de réduction des émissions carbone. Un problème auquel sont aussi confrontés ses concurrents, Microsoft et Amazon.

La facture est élevée. Les émissions carbone du géant Google ont atteint 14,3 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) en 2023, soit une hausse 48% par rapport à 2019, son année de référence, d'après son rapport environnemental annuel publié mardi.

« À mesure que nous intégrons l'IA dans nos produits, la réduction des émissions pourrait s'avérer difficile »,explique le groupe californien.

En cause ? Une hausse de la consommation d'énergie dans ses centres de données (data centers). Ces bâtiments abritent les serveurs informatiques qui constituent l'épine dorsale du cloud, et donc des sites web, applications mobiles, services en ligne, et de tous les nouveaux outils d'IA générative. Ces derniers nécessitent encore plus de puissance informatique que le reste, d'où les besoins accrus en énergie.

Selon Google, la hausse de ses émissions est aussi liée aux investissements dans la construction de nouveaux centres de données ou la modernisation des existants. Il compte d'ailleurs les multiplier dans les années à venir de par le monde. Fin mai, il s'est ainsi engagé à construire une infrastructure d'IA et de cloud en Malaisie.

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Des infrastructures vouées à se multiplier

Et ce n'est pas le seul géant de la tech à nourrir de telles ambitions. Ses concurrents Microsoft et Amazon ont annoncé investir massivement dans la création de centres de données dans diverses régions du globe. Rien que depuis le début de l'année, Microsoft a ainsi promis plus de 15 milliards de dollars d'investissements dans l'IA à l'étranger, de l'Allemagne à la France en passant par le Japon jusqu'à l'Indonésie, notamment pour construire de nouveaux centres de données adaptés et financer les infrastructures énergétiques nécessaires.

Windows n'est pas en reste sur son bilan environnemental : en 2023, ses émissions carbone ont augmenté de 29% par rapport à 2020 - sachant que cette année de comparaison a été particulière puisque marquée par la pandémie de Covid19 et une économie au ralentit.

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Amazon est même allé plus loin dans les annonces d'investissements. Rien qu'en Europe, il s'est engagé sur près de 35 milliards d'euros, principalement en Allemagne et en Espagne (respectivement pour 17,8 milliards et 15,7 milliards) - et dans une moindre mesure en France (1,2 milliards). Il compte aussi débloquer un peu plus de 8 milliards d'euros à Singapour.

Les trois géants américains s'affichent néanmoins volontaires sur la réduction de leur impact carbone. Google s'est engagé à parvenir à des émissions nettes nulles dans l'ensemble de ses activités d'ici à 2030. Microsoft s'est fixé la même échéance, mais pour un objectif d'un bilan carbone négatif. Quant à Amazon, il n'envisage pas un tel résultat avant 2040. Car sa principale activité reste la vente en ligne qui nécessite des entrepôts et centres logistiques partout dans le monde.

L'IA comme clé

Les entreprises du secteur de la tech estiment que la clé pour parvenir à rendre leur activité plus verte se trouvera grâce... à l'IA. Selon eux, ses progrès permettent d'optimiser la consommation d'énergie et vont aider à trouver de nouvelles solutions au réchauffement climatique. « Une fois qu'on aura une super-intelligence réellement puissante, régler le réchauffement climatique ne sera pas bien difficile », a assuré fin septembre dernier le fondateur d'OpenAI, qui a créé ChatGPT, Sam Altman.

« Imaginez un système auquel vous pouvez demander "Dis-moi comment produire beaucoup d'énergie propre et bon marché, comment capturer efficacement le carbone et comment construire une usine capable de le faire à l'échelle mondiale" », a-t-il mis en avant. Et d'ajouter :« Cela montre jusqu'où vous vous autorisez à rêver ».

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Pour le patron de Nvidia, Jensen Huang, le déploiement massif de l'IA et des calculs plus rapides pourraient permettre à terme de diminuer la demande en cloud, et donc la consommation du secteur. Grâce à l'IA, les ordinateurs portables, smartphones ou voitures pourraient devenir des superordinateurs efficaces énergétiquement et n'ayant pas besoin d'aller récupérer des données sur le cloud.

En techno-optimiste typique, Prasad Kalyanaraman, le responsable des centres de données d'AWS, la branche dédiée au cloud d'Amazon, reste persuadé que l'innovation est la clé. « Chaque fois que nous avons été confrontés à une contrainte, nous avons trouvé un moyen d'innover. Je vois (l'IA) comme une opportunité », a-t-il déclaré ce mercredi dans un entretien à l'AFP.

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Mais certains experts jugent au contraire que la course effrénée à l'IA détourne l'attention des risques environnementaux. « La boite de Pandore est ouverte », pour Arun Iyengar, patron d'Untether AI, une entreprise qui cherche à fabriquer des semi-conducteurs moins énergivores pour l'IA. « Nous pouvons utiliser l'IA de manière à améliorer les usages afin de les rendre compatibles avec les exigences climatiques, ou ne rien faire et en subir les conséquences », expose-t-il. La balle est dans le camp des acteurs de la tech, ou des politiques qui peuvent les contraindre à réellement se pencher sur la question.

(Avec AFP)

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