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Industrie: la facture énergétique s'est envolée de 116% depuis 2021

latribune.fr

Publié le 07 décembre 2023 à 09:00 - Mis à jour le 07 décembre 2023 à 09:00

Malgré la hausse des prix de l'énergie, la production est restée stable sauf dans les branches les plus énergivores comme la sidérurgie (-16% en 2022 par rapport à l'année précédente).

Malgré la hausse des prix de l'énergie, la production est restée stable sauf dans les branches les plus énergivores comme la sidérurgie (-16% en 2022 par rapport à l'année précédente).

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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La facture énergétique des entreprises industrielles a plus que doublé entre 2021 et 2023, grimpant au total de +116%. Une augmentation uniquement due à la hausse des prix puisque la consommation a baissé de 5% et la production est restée stable. En réaction, une grande partie des entreprises ont augmenté leur prix de vente mais certaines ont du rogner sur leurs marges ou leur trésorerie.

22 milliards d'euros : c'est le coût colossal des dépenses énergétiques des entreprises industrielles d'au moins 20 salariés en 2022. La facture de ces structures a augmenté de +54% en 2022, après +40% en 2021, soit +116% au total, d'après l'étude annuelle « Les entreprises en France » publiée mercredi 6 décembre par l'Insee.

Cette forte augmentation s'explique uniquement par la hausse des prix, notamment due à la guerre en Ukraine. Car la consommation du secteur a diminué de -5% l'an dernier (-9% pour le gaz et -3% pour l'électricité) et la production a été stable (+1%).

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Les plus énergivores particulièrement impactées

La baisse de la consommation a été proportionnellement beaucoup plus marquée pour les établissements les plus consommateurs (-7%) que pour les moins consommateurs (-1%). Cela s'explique notamment, d'après l'Insee, en raison du type de contrats d'énergie de ces entreprises : les premières ont plutôt des contrats indexés sur les prix du marché et les secondes des contrats liés au tarif réglementé, qui ont moins augmenté.

Dans ce contexte, au sein des branches les plus énergivores, la production a en revanche fortement baissé au second semestre 2022 par rapport au second semestre 2021. C'est le cas dans la sidérurgie (-16%), la fabrication de pâte à papier, de papier et de carton (-11%) ou la fabrication de produits chimiques de base (-17%).

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Répercussion sur les prix de vente

Face à ces hausses des prix de l'énergie, les entreprises ont réagi en augmentant leurs prix de vente, remarque l'Insee. Ainsi, 52% des établissements industriels l'ont fait, 45% ont comprimé leurs marges et 30% ont prélevé sur leur trésorerie.

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Illustration de la newsletter Climat & environnement

Fin 2022, selon les enquêtes de conjoncture, 65% des entreprises industrielles et 31% des entreprises de services avaient l'intention de répercuter une partie de la hausse sur leurs prix de vente en 2023, mais une partie « non négligeable » (entre un cinquième dans les services et un tiers dans l'industrie) anticipaient une diminution de leurs marges. Une part plus faible (7% dans l'industrie, 3% dans les services) s'apprêtaient à réduire leur activité.

Rare aspect positif de cette étude, 29% des entreprises industrielles de 20 salariés au moins ont investi en 2022 pour réduire et optimiser leur consommation énergétique à moyen terme.

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L'État à la rescousse

Si depuis les prix de l'énergie ont baissé, les entreprises qui ont dû renouveler leur contrat avant cette décrue restent bloquées aux tarifs antérieurs. Le gouvernement a justement annoncé la semaine dernière avoir reçu l'accord de la Commission européenne à la prolongation en 2024 d'aides publiques pour celles étant dans cette situation.

« Pour 2024, l'objectif du gouvernement est de concentrer le soutien sur le stock des contrats d'électricité qui a été signé au cœur de la crise, à des prix élevés et avec un engagement de longue durée, qui seront encore en vigueur en 2024 »,a expliqué Bercy dans un communiqué jeudi 30 novembre.

Parmi ces aides : « l'amortisseur électricité » en soutien notamment aux PME (qui emploient entre 10 et 249 personnes et dont le chiffre d'affaires ou le budget annuel est inférieur à 50 millions d'euros). À condition qu'elles aient renouvelé un contrat d'électricité « au prix le plus haut » avant le 30 juin 2023 et que ce contrat court sur 2024, voire 2025. Les modalités pour bénéficier de ce dispositif vont toutefois changer : la prise en charge de la facture par l'État interviendra à partir de 250 euros le MWh (contre 180 euros le MWh en 2023) et la facture sera couverte à 75% sans plafond (contre 50% en 2023).

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Pour les entreprises de taille intermédiaire énergo-intensives et non-éligibles à l'amortisseur, le gouvernement prolonge le « guichet ciblé ». L'État pourra prendre en charge, sous conditions, 75% de la facture d'électricité au-delà de 300 euros par MWh.

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Plus de bouclier pour les particuliers

Pour les particuliers, le gouvernement a assuré que la hausse de l'électricité sera « au plus » de 10% en 2024. L'État prendra par ailleurs en charge 75% des frais pour les ménages résidant dans des structures collectives (HLM, copropriétés) chauffés à l'électricité ou au gaz au-delà d'un seuil fixé au tarif réglementé majoré de 30%.

Pour ceux protégés par le « bouclier tarifaire », mis en place à l'automne 2021 pour limiter (mais pas supprimer) les hausses des tarifs de l'électricité, l'exécutif prend aussi encore en charge une part de la facture d'électricité. Celle-ci s'élevait à 37% en septembre mais elle va se réduire progressivement durant l'année 2024 puisque le gouvernement veut supprimer cette mesure. En début de semaine, le Sénat a voté pour remplacer ce dispositif par des « chèques énergie » pour les ménages les plus modestes, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2024. Un temps intéressé par cette mesure, l'État s'y oppose finalement.

(Avec AFP)

latribune.fr

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