Grâce à son réseau de canalisations souterraines, il alimente en kérosène tous les aéroports de la capitale et, en carburant, la majorité des stations-service du bassin parisien. La médaille a son revers. Lové dans les méandres du fleuve entre Rouen et Le Havre, le complexe pétrochimique et portuaire de la basse vallée de la Seine pèse pour 4 % des émissions nationales de CO2, ce qui en fait le troisième plus gros émetteur français derrière Marseille-Fos et Dunkerque.
C'est aussi l'un des premiers bassins avec lequel l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a contractualisé dans l'espoir de lui apposer, à terme, le label « Zone Industrielle Bas Carbone » ou Zibac. L'objectif du programme initié en son temps par le ministre de l'Industrie et de l'Énergie Roland Lescure (entre juillet 2022 et septembre 2024) étant d'amener les principaux industriels de la place — ici, surtout des raffineurs et des producteurs de plastiques et d'engrais — à chasser (le CO2) en meute. Autrement dit, à réfléchir de concert sur les voies et moyens de réduire les émissions. Le coup est parti officiellement la semaine dernière.
Le projet d'un montant de 15 millions d'euros est financé à parité par les industriels et l'Ademe et piloté par l'association Socrate. Celle-ci regroupe une trentaine d'entreprises immatriculées à Rouen, au Havre et à Port-Jérôme, ainsi que l'établissement public portuaire Haropa. Son objectif : proposer d'ici deux ans un ou plusieurs scénarios de décarbonation réalistes et chiffrés. « L'idée est de présenter le champ des possibles économique. En clair, dire pour quels clients et à quels prix », résume son président Régis Saadi, par ailleurs patron de l'Union des industries chimiques de Normandie.