La consigne en verre fait son retour en France

Dans son histoire, la France a déjà connu la consigne en verre, qui est apparue à la fin de XIXè siècle.
Bout' à Bout'

Dans son histoire, la France a déjà connu la consigne en verre, qui est apparue à la fin de XIXè siècle.
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Les habitants les plus âgés verront peut-être l'initiative comme un retour aux sources, mais une grande partie la considérera comme inédite : le 12 juin prochain, la consigne en verre à grande échelle sera officiellement lancée dans quatre régions françaises. Bretagne, Pays de la Loire, Normandie et Hauts-de-France, ces quatre territoires ont été choisis pour cette expérimentation grandeur nature. Et ce, en raison de leur exemplarité en matière de tri des déchets.
L'expérimentation sera menée sur 18 mois et concerne potentiellement « 16 millions d'habitants», a chiffré ce jeudi Citeo, l'organisme chargé de coordonner la collecte et le tri des déchets d'emballages ménagers. Objectif : que 50 % des emballages en verre soient rapportés par les consommateurs.
Comment fonctionnera le dispositif ? Les consommateurs qui rapporteront leurs contenants dans les points de collecte désignés gagneront « dix centimes pour les petits emballages » et « 20 centimes pour les plus grands formats », a précisé Citeo. Le prix de la consigne sera visible sur le prix du produit et les emballages concernés porteront une petite étiquette violette « Rapportez-moi pour réemploi ». Certains emballages seront aussi dotés d'un bandeau violet où sera écrit « récupérez le montant de votre consigne en rapportant cet emballage ».
Huit grands distributeurs, partenaires de l'opération, mettent à disposition leurs magasins comme points de collecte : Système U, également Carrefour, Intermarché, Monoprix, Biocoop, Leclerc, ainsi qu'Auchan. En outre, plus de 50 industriels, dont de nombreux brasseurs de bière, se sont engagés dans la démarche.
Pour absorber le flux, des centaines de machines de récupération d'emballages sont en cours d'installation dans les lieux de collecte partenaires. Les retours pourront aussi se faire directement en caisse. « On imagine environ deux tiers des magasins avec des machines, sur lesquelles le consommateur est autonome. Et environ un tiers où cela se fera à la caisse », en cas de manque de place par exemple, détaille Citeo.
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Pour mémoire, le déploiement de la consigne en verre découle de la « loi antigaspillage pour une économie circulaire », dite loi Agec. Votée en 2020, elle visait 10 % d'emballages réemployés en France d'ici à 2027, avec un palier intermédiaire de 5 % en 2023, pour l'instant non atteints.
Dans son histoire, la France a déjà connu la consigne en verre, qui est apparue à la fin de XIXè siècle, après que l'Angleterre, pionnière, l'a mise en place. Mais il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour voir le processus se généraliser dans l'hexagone, avec une obligation légale. C'est l'émergence du modèle de la grande distribution, et du plastique à usage unique, jugé plus pratique, voire rentable, qui a fait disparaître la consigne, à partir des années 1980.
Interrogé sur France culture en août 2024, Nicolas Marty, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Perpignan, estime que la consigne en verre est un « système vertueux », en raison de sa faible circularité, c'est-à-dire qu'une bouteille peut se recycler jusqu'à vingt fois de suite, voire plus, selon la qualité du verre.
Autre vertu : d'après plusieurs études, le système de consigne permet d'économiser jusqu'à 75 % d'énergie, et 33 % d'eau par rapport au recyclage du verre (dans ce cas-là, le matériau est refondu pour fabriquer d'autres contenants en verre). C'est d'autant plus vrai que les fours permettant de fabriquer le verre consomment énormément d'énergie. Même si des alternatives électriques commencent à émerger.
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Autre avantage de la consigne : la création d'emplois, plus difficilement délocalisables, avec des livreurs ou des laveurs de verre, qui doivent se situer proche des lieux de collecte pour rentabiliser le process.
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