La reprise des activités nucléaires de General Electric par EDF est (enfin) actée
latribune.fr
« Ce 31 mai, EDF reprend officiellement les activités nucléaires de General Electric et notamment les activités de maintenance et de fabrication des turbines Arabelle », a annoncé Emmanuel Macron.
Stephane Mahe
Emmanuel Macron a annoncé, jeudi soir, que le rachat par EDF des activités nucléaires de General Electric (GE) a été finalisé, et sera effectif ce vendredi. Cette opération permettra à l'énergéticien français de reprendre les activités de maintenance et de fabrication des turbines Arabelle, essentielles dans la fabrication de centrales.
Deux ans après l'annonce, le rachat par EDF des activités nucléaires de General Electric (GE) a enfin été finalisé et sera effectif ce vendredi, a annoncé le président français Emmanuel Macron.
« Ce 31 mai, EDF reprend officiellement les activités nucléaires de General Electric et notamment les activités de maintenance et de fabrication des turbines Arabelle », a-t-il dit dans un entretien aux quotidiens régionaux du groupe EBRA, alors que le principe de cette opération avait été annoncé en 2022.
« Les accords conclus assurent la pérennité de cette activité, qui est une véritable fierté française », assure-t-il. Le chef de l'Etat n'a pas dévoilé le montant de l'accord, « qui relève d'une discussion entre EDF et GE ».
Un rachat entravé par le géant russe Rosatom
A l'origine, en 2015, la branche énergie d'Alstom avait été acquise par GE, au terme d'une longue polémique politico-économique engagée au printemps 2014. Emmanuel Macron était ministre de l'Economie lors de la finalisation de l'opération. Une vente peu populaire, sur laquelle le gouvernement était donc revenu en 2022.
EDF et GE avaient annoncé en février 2022 « un accord d'exclusivité » pour discuter du rachat par l'énergéticien français de GE Steam Power, branche nucléaire du conglomérat américain. Le président Emmanuel Macron annonçait alors, depuis Belfort, la relance d'un vaste programme nucléaire français.
Mais l'opération avait tardé à se concrétiser, butant notamment sur des questions géopolitiques. La présence parmi les clients de GE du groupe russe Rosatom a été un obstacle à la finalisation de la transaction, du fait de l'invasion russe en Ukraine et des sanctions qui en ont découlé pour Moscou. « Ce n'est plus une question de négociation financière entre GE et EDF, mais plutôt géopolitiques entre les États-Unis, la France et la Russie », avait déclaré fin mars Robert Poggi, directeur à l'Action régionale du groupe EDF en Bourgogne-Franche-Comté.
Newsletter
Climat & environnement
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.
Interrogé hier sur la présence du russe Rosatom parmi les clients de cette activité nucléaire et donc sur l'opposition des Etats-Unis, Emmanuel Macron « confirme que tous ces problèmes étaient sur la table et qu'ils ont été réglés ». « Je ne vais pas trahir le secret des affaires entre ces entreprises, mais nous avons sécurisé l'octroi des licences américaines nécessaires à l'opération », précise-t-il.
Les turbines Arabelle, fleuron du nucléaire français
Les turbines Arabelle, fabriquées à Belfort, sont un équipement essentiel des centrales nucléaires. L'une d'entre elles - le modèle le plus puissant du monde - équipe ainsi l'EPR de Flamanville (Manche), qui a récemment commencé ses opérations de démarrage. La France est actuellement en pleine relance du nucléaire et prévoit jusqu'à 14 nouveaux réacteurs de type EPR2.
« Cette transaction va nous permettre de reprendre en main la production des turbines, et elle pourra être rentabilisée car nous produirons pour nous-mêmes et pour les autres », fait valoir le président de la République.
« Grâce au programme nucléaire que j'ai présenté en février 2022 à Belfort, et des choix que j'annoncerai en fin d'année, nous développons des dizaines de milliers d'emplois dans la filière nucléaire », affirme-t-il. « Nous irons au-delà du programme de Belfort, et j'aurai, en fin d'année, à préciser notre stratégie pour la rendre plus ambitieuse », conclut Emmanuel Macron.
Les syndicats soulagés
Jeudi soir, la nouvelle a été accueillie positivement par les salariés à Belfort mais a aussi soulevé des interrogations. « C'est un soulagement de sortir de la période d'incertitudes. Cela ouvre d'autres questions: quel projet industriel pour notre entité ? », s'interroge Laurent Santoire, de la CGT.
« C'est un grand soulagement, mais on ne peut pas s'en contenter », abonde Laurent Humbert, de la CFE-CGC. « On a plein de questions sans réponses. On attend impatiemment de rencontrer notre direction et notre repreneur pour discuter des sujets de stratégie, d'investissements ». De sources syndicales, le rachat prévu concerne environ 2.500 salariés en France, dont plus de 1.300 à Belfort, et 3.400 au niveau mondial.